Blog littéraire et artistique de Pascal Lamachère

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vendredi, septembre 11 2009

Une histoire de Petite anthologie de la jeune poésie française, à acheter, à acquérir ou à offrir

image illustration anthologie

Oyez, oyez,

C’est un jour de cabriole pour ma plume !

Version courte de l’auteur flemmard : 10 de ses envolées ancrées ont été retenues, en compagnie d’autres. Cliquez ici pour avoir plus de détails et commander l’anthologie poétique.

Version longue de la plume badine :


Poésie

élans
du coeur

mots du sang
à maux des fleurs

cris
de l’esprit

paysages lettrés
paysages musés

frêles lunes dépouillées
vie emmaillotée

instants portés aux nues
histoires des déchus

gouttes d’encre sur le parvis
essence de la rose mêlée à l’écume

bouche de la plume
pages de la vie

abscons fils
ou clairs aux nus

saisons qui défilent
instants de l’humain suspendus…

Un tout dans lequel chacun trempe et extirpe ses vers pour lui soustraire quelques parcelles, guidé par une muse qui fait de poussière tout un univers, qui se nourrit et nourrit dans une farandole mystérieuse, qui tour à tour embrase l’étincelle de l’amour, envole la morte, tombe le faux de son piédestal, explore les abîmes, transporte jusqu’aux étoiles, amène dans un labyrinthe de paysages lettrés, déracine pour mieux enraciner, montre le chemin vers l’origine et tombe le voile de la destination…

Trêve de plumage, je vous « invite » à découvrir une tranche de la mienne et d’autres, des merveilleux poèmes de pains d’âmes réunies dans un recueil baptisé : Petite anthologie de la jeune poésie française.

Pointez votre mire et votre souris par ici, pour verser votre « obole », afin d’acquérir une preuve encrée de cette aventure collective ; un beau cadeau pour les amateurs d’envolées lyriques.


P.S : Les poètes et poétesses déclamant leurs vers au clair de lune ne sont pas compris dans la « formule » (humour).

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mardi, septembre 8 2009

La rentrée en coups de coeur musicaux - clips vidéos - jeu concours Marina Libellule (cf P.-P.-S)


Alors que c’est la rentrée pour nos chères têtes blondes, brunes, châtaines, rousses…, alors que les étudiants préparent la leur, que les sportifs, les professeurs, les politiciens… se sont déjà mis à table, que les saisonniers s’en vont vers des ailleurs, alors que d’autres continuent leur petit bonhomme de chemin comme si la danse des saisons flirtait avec leur barque sans qu’ils y prêtent attention… alors que la crise économique, la crise virale… caracolent, alors, alors que… ben, rien… image rire image panneau si vous me cherchez je suis dehors

Ceci dit, bonne rentrée à ceux ont pu profiter de l’été et qui doivent revenir aux obligations liées à leur « statut », bonne continuation aux autres, bon courage à tous ! et voilou mes quelques clips coups de cœur pour ce début septembre…



@ peluche !

Pascal

P.S : N’hésitez pas à laisser en commentaire vos coups de cœur.

P.-P.-S : Jusqu’au 12 Octobre 2009 à minuit, vous pouvez participer à un jeu-concours en ligne qui vous offre la possibilité de gagner un album de Marina, d’être parmi les 10 chanceux (vous l’aurez compris, 10 cds sont à gagner). Il n’y a que deux petites questions. C’est facile et rapide. Cliquez ici pour accéder à la page en question, au site organisateur. Bonne chance aux participants !

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samedi, septembre 5 2009

Project Chaos - Histoire humoristique à suivre


Yope !

J’ai repris un scribouillage qui date un peu pour, je l’espère, le plaisir de vos zygomatiques. A prendre au second, troisième… au degré que vous voudrez. Attention cependant, malgré l’air automnal, au premier et au-delà du millième degré de lecture, un effet secondaire peut provoquer une flambée des pages ou de l’écran et des brûlures nécessitant une lecture kafkaïenne sombre qui fera baisser la température.

Te voilà prévenu fidèle (ou pas) lecteur/lectrice ! Ainsi, l’auteur décline toute responsabilité quant aux effets secondaires de l’histoire qui va suivre, d’autant plus qu’il ne sait pas encore tout ce qu’elle va contenir…

Bonne lecture sourire

@ votre bon vouloir !

Project chaos

Laissez-moi vous conter une histoire, celle d’un auteur muet qui se « démuetise »…

« Pourrais-tu m’aider à te dépoussiérer, Plume ?! »

A la plume d’envoler : « Je ne subie pas les affres de l’immobilité de l’air, mon cher. C’est ta main qui est vide de moi ! »

« Mais… je… c’est parce que… je… l’encre… mes histoires se sont immobilisées dans ses gelures et sa sécheresse ! »

A l’encre sang, enfermé dans une vaste caverne, de se manifester : « Hmm… Hmmm…. HMM ?!! Hey, oh ! Tu veux que je te tache de mes arcs-en-ciel ?! Tu t’es vu quand tu « silences » ?! Si mon antre n’avait pas été obturé par la cristallisation de tes flux, les relents de tes songeries, de tes salines refoulées, je t’aurais même bariolé les plages célestes du fin fond de l’univers ! »

« Euh… même pas cap ! »

Dans le noir le… presque plus complet, l’encre acheva le travail commencé, celui de percer les parois de sel pour dégouliner et jaillir soudainement sur les interstices de son contenant…

Dissolvant petit à petit la fortune cachée, des gouttes s’unir pour former des bulles, les bulles suivirent le courant de lumière pour s’envoler dans l’horizon stellaire…

« Hey ! Ne partez pas toutes ! J’ai besoin de vous ! »

A la plume de se rapprocher de la main : « Suivons-les ! »

« Mais… je ne sais pas voler ! »

La plume tirant la main : « Tu sais me saisir avec doigté et me faire danser des paysages lettrés par un mouvement qui s’appelle écrire ! Non ?! »

« … »

Aussitôt dit…

Une goutte d’encre se posa sur la face cachée de la lune, ou plutôt tomba au creux des babines d’un chat pas comme ses confrères terriens. Ce chat, Frippon, avait les pattes sur la courtisane de la terre. Mais… même si cela pourrait être un sujet de débat passionnant pour les éminents astronomes, biologistes, étymologistes et compagnie… ce n’était peut-être pas là sa plus marquante « curiosité ». En effet, au-delà du fait qu’il n’avait pas de scaphandre, de tenue spatiale, il était tout simplement translucide. Un œil humain aguerrit n’arriverait à distinguer sa forme… qu’à moins d’une dizaine de mètres.

Bref, ce Frippon n’était autre que le roi des chats de la Voie lactée – il faut dire qu’il n’y en avait pas d’autre sur les autres planètes de la galaxie – et alors que venait le visiter le roi Soleil, il restait le plus clair de son temps assis sur son trône lunaire situé au milieu de la face cachée de nos mirettes terriennes. Comment faisait-il pour régner sur le royaume des chats qui nous entourent ? Bonne question ! La réponse dans un autre chapitre, si les bulles d’encre le veulent bien. En « parlant » d’elles…

Pendant sa toilette, le gros matou se barbouilla quelques poils avant de finalement ingurgiter toute la goutte, sans que sa translucidité n’en soit altérée. Pas de quoi en faire un roman, juste de retranscrire quelques paroles échangées entre lui et Soleil devant la toile mirifique de l’océan d’en haut où évolue une cohorte inconnue :

« Miaou… Tu me grilles une fée de serre ? »

« Encore ? Tu sais, il n’en reste plus beaucoup ! Leur espèce est en voie d’extinction, et je dois les griller plus longtemps pour faire disparaître la pollution de leur chair. »

« Miaaaooou ! »

« Une dernière alors ! »

Etait-ce la cause du réchauffement planétaire ? Notre « ami » n’eut le temps « d’oraisonner » en son for intérieur : sur terre, non loin d’un volcan endormi, une autre bulle d’encre happa son attention…

(23 mars 2007)

La bulle était en train de se fondre dans toute la zone, devenant d’abord une microscopique couche, puis rejoignant petit à petit les rangs de l’atomique…

« Du silence
Un jour je suis né…
Et…
Après quelques explosions…
J’y suis retourné… »

Semblait vouloir dire les stigmates de la défunte activité du volcan.

En tachant les êtres vivants, en se mélangeant aux eaux des sources, des rivières et des lacs, en s’incrustant dans les pierres, en s’imprégnant des traces, en « mourrant pour y revivre » sous une autre forme, la poussière d’encre fit ressortir une tranche d’histoire du lieu : suite à leurs « bourdes » répétitives, les lutins - qui s’étaient occupés de la plomberie, des tuyaux, de la chaufferie au fond du cratère - avaient été mis au chômage. Technique ou virés ? Personne ne put le dévoiler. Ce qui fut avéré, c’est qu’il n’y avait plus de travail pour eux sur le lieu : à cause de leur dernière « négligence », le plus gros des relents de l’enfer à réguler sur le site avait souillé la nature et il ne restait donc plus rien à contenir, plus rien avant des millénaires. Ceci expliquait le relatif calme. Relatif, car non loin du volcan, dans une masure en lisière de la forêt circulaire, un homme vivait reclus, se cachait, aidé par le clan des fées Mérides…

« … Qu’est-ce que des fées Mérides ? » demanda l’auteur à sa plume.

« … Je t’en pose des questions ? » frémit la plume dans l’air.

« … Ben, j’y répondrais avec plaisir ! » rétorqua-t-il avec ses doigts.

« … Laisse couler l’histoire et tu auras ta réponse… » conclut la plume qui s’imbiba des atomes d’encre pour s’ancrer à une nouvelle page…

Reprenons le cours de notre tranche d’histoire…

… Dans une pièce quasiment vide, l’homme était assis devant une vieille table de bois. Il pouvait sembler se rapprocher de la cinquantaine avec quelques cheveux grisonnants, des joues légèrement fripées, des profondes rides montant légèrement vers le haut, comme s’il avait fait trop de clins d’œil, un nez pouvant être qualifié de pif, des petites oreilles aux lobes légèrement pointus, un cou musclé, des épaules larges couvertes de « vêtements communs », « communs » pour des êtres d’une autre dimension. Non que l’homme n’était pas terrien, il n’était juste pas « humain », pas de notre dimension…

Mais ce n’est pas uniquement pour cela que les fées Mérides l’aidaient à se cacher, voilaient son existence, le rendaient plus ou moins invisible à tous, toutes dimensions confondues. Si par le pouvoir qui leur est conféré, ces fées peuvent à loisir vous inclure au cycle de la ronde ou vous en extraire, un peu comme si elles avaient le pouvoir de faire le casting de la destiné, du calendrier de la terre, elles prennent leurs ordres « d’en haut » et avaient pour mission de protéger cet être, ce qui passait par le « cacher ». Seule la fondue, la sorte de dématérialisation de la bulle a pu faire la « lumière » dessus…

L’homme posa sa plume, ramena ses bras recouverts de rien sur le bord de la table, se leva d’un bond, et dans sa tenue composée de « vêtements communs » qui ne sont autre que sa nudité, sa tenue d’Adam, il contempla un instant la lettre qu’il venait d’écrire. Elle était destinée à ses protecteurs, au conseil de la féerie. Il leur exprimait toute sa gratitude pour leur relative aide, tout en leur demandant de lui permettre de retourner d’où il venait, afin qu’il puisse agir d’une manière ou d’une autre, quitte à se mettre en danger…
Il hocha la tête en la mirant, comme pour se conforter dans l’idée qu’il prenait la bonne décision. Pouvait-il en être autrement ? Vivre seul en laissant son peuple se faire massacrer sous prétexte que de toute façon tout était perdu ? Il savait que le mage de son royaume avait voulu protéger ses intérêts en l’envoyant ici. Il l’avait accepté au début, dans le fol espoir que la nouvelle de sa disparition ferait cesser les agissements de la sorcière du septième cercle. Celle-ci avait juré sa perte suite à la « disparition » de quelques plantes rares qui avaient malencontreusement finies leur destin dans le ventre du fidèle destrier du souverain et les dernières nouvelles n’étaient pas bonnes : cette créature « rancunière » avait levé une armée de nains tristus fernus, des clones, des clones uniquement en corps des nains droliticus fernus, car l’âme des tristus est pervertie, leur unique raison d’être est de faire du mal sans forcément faire rire… Une hérésie au royaume du 999 !

Le nudiste sortit de ses songeries, se pencha pour attraper de la main gauche une clochette qui dormait à côté de l’encrier, il l’agita tout en tapotant la pointe de son oreille droite. Une fée Méride rentra dans la pièce, se posa sur son épaule droite et le fit cesser son drôle de geste.

« Vous êtes certain ? Vous avez pris votre décision ? Vous savez, on dit que rien ne peut arrêter cette sorcière ! » susurra, dans le vif du sujet, la fée de sa voix fluette.

« Que le grand auréolé me fasse liquéfier ou pousser des cornes sur le champ, si je ne le suis… euh, à la réflexion non, mais je veux essayer ! » répondit l’homme d’une voix presque éteinte.

« Je dois dire que ça nous soulage, nous sommes de plus en plus nombreuses, mais tout juste pour répondre à… la demande toute aussi croissante ! Aussi, messire Gel, si vous voulez bien vous écarter… » expliqua et requérra la fée.

Gel s’écarta légèrement, puis plongea sans se faire prier dans le passage que lui avait ouvert cette fée Méride…

Pas de quoi en faire un roman ! A peine un conte, une nouvelle ! Pensa l’oeil-coeur-cerveau qui faisait bouger la plume. Pas si sûr… En même temps que le passage s’était ouvert, la protection s’était évanouie et une autre bulle pu s’engouffrer dans cette autre dimension, prête à happer son attention, à quémander la pointe de la plume…

(19 octobre 2007)

… Cette dernière pointa dans la direction du vortex et commença à entraîner la main qui la tenait, avec le reste du corps par la même occasion. Son propriétaire sembla se laisser traîner, hésitant à suivre le chemin de l’étrange histoire qui s’était ancrée sous ses yeux…

« Bon, alors ?! T’attends que le croque-page ramène sa gomme dans les parages ? » vibra la plume retournée vers les mirettes.

« Hum ! J’ai le droit de décider où je te promène, non ? Et à vrai dire, je me demandais s’il ne serait pas plus intéressant de… Hey ! »

La plume, badine, avait coupé court à la pseudo rhétorique de la bouche de son maître en venant titiller ses narines. Dans la foulée, l’ouverture vers la dimension de Gel aspira tout l’air de la pièce. L’auteur n’eut d’autre choix que de se laisser aller, de se laisser guider pour à nouveau mettre en contact le fer et l’encre…

De « l’autre côté », la bulle avait déjà bien épousé des paysages lettrés jamais observés jusqu’à présent : au bord d’une vaste pleine d’eau verdâtre, un château trônait au sommet d’une montagne sableuse clairsemée (*), infestée de nains tristus fernus, des personnes du bon peuple en guenilles avaient été attachées çà et là le long des sentiers escarpés, certains nains «  s’amusaient » à les enfoncer le plus profondément possible dans le sol friable, une sorcière assise sur un rempart de la plus haute tour tournait le dos à quelques nobles et mages immobiles. A l’intérieur des murs c’était tout autant la pagaille, si ce n’est plus, en dehors d’une pièce calme située dans les sous-sols. Il faut dire qu’elle était protégée par la magie du mage du royaume et que la sorcière n’avait pas encore pointé son nez dans les parages. Gel y était apparu et, sur une sorte de banc couvert de tissus, était visiblement rentré en transe face à son ami, tout aussi habillé de nu, en dehors du couvre chef pointu tout étoilé. Le silence serait aussi de la partie, si deux petites voix nainfernalesques ne l’empêchaient pas de se présenter.

La plume se faufila pour graver d’un peu plus près l’étrange scène.

Un nain emmitouflé dans une cape était en train de faire des mimiques, présentant, visiblement, sa dernière blague à deux autres nains, avec la complicité d’un autre.

« Je suis Super Con ! » affirma t-il sur un ton dramatique en se dodelinant.

«  Meuh… nan ! » fit semblant de rasséréner son comparse qui hocha la tête de bas en haut, tout en se faisant.

« Si si ! C’est mon nom ! »

« … Ah, Sisi c’est ton nom ?! »

« Mais non, Con ! »

« Je te permets pas ! C’est toi l’con ! »

« Oui, oui, c’est bien Con… mon nom de famille. »

« … C’est con comme nom de famille…»

« Naine en tutu bleu ! Je te l’avais dit ! T’es vraiment qu’un perroquet tristus tout joyeux ! » insulta le « capé ».

« Et toi t’es qu’un… qu’un… blagueur sans fernus ! » rétorqua le comparse qui se rua, cornes baissées, sur l’autre.

Les deux autres nains semblèrent prêts à se joindre à cette petite bagarre amicale. Devant l’affligeante tournure, l’attention de la pointe se retourna vers Gel qui s’était levé d’un bond et s’était mis en colère alors qu’aucune parole audible n’avait été échangée. Il avait visiblement fait le point de la situation par télépathie.

« Et si la sorcière met fin aux jours de quelques personnes ?! S’il lui venait l’envie de s’en prendre à mon amie Atine, je ne pourrais me le pardonner ! Je dois d’abord aller lui parler ! Lui faire une proposition qu’elle ne pourra décemment par refuser ! »

Le mage resta en transe, pour maintenir la pièce sous protection et pour…

« Oui, j’ai compris que des tractations sont en cours avec des droliticus, que vous êtes en train d’entamer les palabres par l’intermédiaire du conseil de la féerie ! Mais cela ne fera sûrement qu’alimenter le fléau !

De quoi je m’enflamme dans le vide ? Je… Et si je lui servais d’appât vers le lieu de réunion ?! Oui, cela pourrait être une bonne idée ! Je suis d’accord ! » sembla monologuer, voire soliloquer Gel.

Pour seule réponse visible, son ami forma une boulle avec ses mains, ce qui eut pour effet d’envelopper Gel dans une bulle. Il lévita aussitôt, sortit de la pièce en traversant le mur, tel un fantôme, fut l’objet d’attentions particulières des nains qui tentèrent – en vain  - de nombreuses pirouettes et qui ne réussirent qu’à le faire rebondir sur les parois de l’escalier qu’il « montait » à présent. D’infimes particules d’encre s’accrochèrent à la bulle lorsqu’elle s’engouffra par une fenêtre du premier étage…

La plume sembla hésiter à suivre Gel, le plus gros ayant imprégné cette rive, ce château, et d’autres bulles quémandaient son attention dans des ailleurs…

to be continued / à suivre / 待續 / essere continuato

© Pascal Lamachère – février 2008

(*) A la demande de FCSSS

P.S : Pour rappel-information, j’ai décidé de faire de cette histoire une sorte de jeu/expérience d’écriture, une interaction avec vous, toi le lecteur. Vous pouvez influer sur des détails, voire sur l’essence de ce qui sera conté. Pour soumettre une (des) envie(s) de suite, je vous invite à remplir le formulaire dédié à. Vous y accéderez en cliquant ici.

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mardi, août 25 2009

Roman à suivre 'Les pages déchirées' - Suite 6 (partie 7)





La mondine bascule de telle sorte qu’elle est dos au vide. Un cercle noir composé de gelées s’est formé autour. Le temps semble s’être suspendu, ou plutôt le corps de la créature au-dessus du vide. Elle « profite » de cet instant de répit pour ouvrir ses mains comme pour une obole. La masse argentée palpite et scintille vert, les globes oculaires au bout de filaments suivent le rythme des ondulations. Greendle se sent attiré, aspiré par les tréfonds, les abîmes contenus dans ce drôle de regard. Il a l’impression de quitter son corps, que son âme s’engouffre dans une brèche lumineuse-brumeuse et se perd dans celle de Corianthe. Dans la foulée impalpable, les lois de la gravitation ont de nouveau cours, le cercle noir monte, fuse et devient une sphère, un tapis d’obsidiennes qui épouse les contours de la bulle translucide de l’humain. Elle se contracte et…

- Noon !! se prit à crier Greendle en se réveillant… aux pieds du lit, une dizaine de minutes avant que son réveil n’ouvre les écoutilles musicales. 

L’explorateur de rêves resta un instant comme sonné, allongé sur le flanc droit, sans draps pour le couvrir, nu. Un arrière goût amer sembla s’entêter à le troubler. Il ne sut si c’est parce qu’il n’avait pu agir dans son rêve et s’était trouvé spectateur d’un drame, si c’est parce qu’il était tombé et n’avait pas bien dormi ou si c’est parce que des désagréables pans de son passé avaient ressurgi. Il se hâta d’ancrer avec la plume dorée les bribes, tenta de garder le fil, de le retrouver jusqu’à ce qu’il ait le sentiment d’avoir réunie toute l’écume de l’univers des esprits de cette nuit.

Notre jeune anglais poursuivit son « rituel matinal ».

Face à l’ordinateur, il savoura un mail de Liloo : quelques vers amicaux à son intention accompagnés d’une invitation à se rencontrer à un concert de leur étoile chanteuse commune.

 « … En parlant de concert, je me suis dis qu’on pourrait se retrouver à un des concerts de Michael ? J’ai réussi à avoir un billet pour la première, mais je puis le revendre et en acheter pour une autre. Tu me feras visiter Londres ? Je pourrais peut-être ensuite venir quelques jours à Toulouse, si tout se passe bien !

Ton amie,
Liloo »

Greendle lâcha un « Yes ! » de joie et se dodelina sur sa chaise. Trop timoré, bien qu’il la savait aussi fan de bambi, il n’avait pas osé lui proposer cette possibilité, ni même tout simplement l’inviter. Il s’empressa de lui répondre qu’il s’en faisait une joie, qu’il se débrouillerait pour trouver un billet de concert le même jour, voire deux côte à côte, et qu’il lui concocterait un séjour londonien de rêve.

Imprégné de bonne humeur, il enleva sa chemise noire, vêtit une jaune canari à la place et « oublia » sa veste en cuir lorsqu’il quitta les lieux d’un pas guilleret. La suite de la journée ne fut pas en reste de surprises, bonnes, mauvaises ou juste… surprenantes.

Sur le chemin d’un reportage autour des artistes de rue, aux bords d’une berge du canal du midi, le photographe-reporter crut halluciner lorsqu’une grenouille s’étala sur sa galoche gauche…

- Oh my god ! Qu’est-ce qui t’arrive ? C’est un français qui te course, pour que tu fasses pas attention où tu bondis ? ou une princesse à croiser ta mire ?

… et encore plus lorsqu’il se prit à lui faire à peu près la même conversation que celle qu’il avait écrite la veille et qu’il eut l’impression de comprendre ses « coa ! ». Il secoua la tête, se pinça, invita gentiment l’amphibien à aller voir ailleurs et remit un pied devant l’autre. Il accéléra le pas lorsqu’il entendit de nouveaux coassements.

Cette étrange scène aurait pu lui faire l’effet d’une gaudriole du destin, si ce n’est le caractère légèrement effrayant à ses yeux de vivre une scène qu’il avait imaginé. Greendle éprouva d’ailleurs le besoin d’en parler à un collègue ami, au dîner dans une brasserie en face de la place du Capitole, sous les arcades en brique ocre.

- Gri-gri, c’est une synchronicité de Jung. C’est un sujet très intéressant, mais te prends pas la tête dessus. Même si tu sais faire la part des choses, on peut voir des signes partout dès que la cervelle se met en mode… euh… corrélation, association… et surtout, je pense pas qu’il faille les interpréter !

- Hmm… tu as raison. Mais dis-moi, Laurent, y a plusieurs types de syn… chronicité ? demanda Greendle à son pair, l’air un peu ailleurs, le regard dans sa salade de chèvre chaud, flanqué de son portable à gauche, au bord de la table.

Laurent, un peu plus âgé que notre scribouillard, la barbe d’un baroudeur pendue au visage, s’était pris de sympathie au point qu’il jouait le rôle de « protecteur » avec celui qu’il aimait surnommer son « gri-gri vivant », et de temps en temps « pudding exporté » lorsqu’il voulait le charrier. Parfois un peu trop au goût du gri-gri.

- Euh… non, enfin, pas à ma connaissance. J’ai parlé de synchronicité de Jung parce qu’il a développé toute une thèse dessus. D’ailleurs, de ce que je me souviens, il lui est reproché d’être resté un peu flou. Tu pourras en savoir plus sur le net !… lui répondit l’ami Laurent sur un ton empli de bonhomie à son égard, les yeux vifs tournés vers une serveuse qui s’était approchée d’une table voisine occupée par un couple de personnes âgées.

Un léger sourire amusé se fendit sur les lèvres de l’anglais. Il fit un signe de tête entendu, posa les mains sur l’umpc… mais n’alla pas plus loin dans son élan. La télévision de l’établissement avait attiré son attention. Des images d’un volcan en éruption défilaient, ainsi que celles d’un village qui avait été dévasté par le déchaînement de dame nature et dont quelques bâtiments étaient en feu.
« Comme dans mon rêve… » se dit Greendle dont l’air était devenu grave.

- Gri-gri ?! Tu devrais finir ta salade avant que les volcans du Massif Central ne se réveillent ! Sinon c’est plus du chèvre chaud que tu vas manger mais… commença à taquiner son comparse.

- C’est juste une nouvelle… truc de Jung ! coupa le rêveur, agacé, le regard lourd de reproches.

Laurent fut décontenancé et se contenta d’hausser les épaules, pour toute communication, avant de se tourner vers la serveuse et de lui demander l’addition, tout sourire. Greendle dont l’assiette n’était qu’à moitié entamée, n’y prêta déjà plus attention, la tête levée pour voir la suite et fin du « reportage sensationnel » qui se clôtura sur une jeune femme entourée de flammes et contrainte de sauter entre un plancher cramé. Là encore, le « pudding exporté » fit le parallèle avec son rêve, et sa bonne humeur fut achevée pour le reste de la journée, du moins jusqu’à la fin de soirée…

Un peu avant de se coucher, après la lecture d’un message laconique de Liloo…

« Okii !
Bises,
@ + »

et la consultation d’autres, notre scribouillard retrouva un semblant de septième ciel grâce au dernier : le rédacteur en chef du journal anglais pour lequel il était correspondant lui proposait de remplacer un journaliste sur la couverture du premier show que devait donner mister Jackson. Cela sous-entendait un billet gratuit. Il ne se fit pas prier et répondit immédiatement par la positive.

Ainsi, aussi souriant que s’il avait été invité à se rendre à une soirée présidée par la reine d’Angelterre, gri-gri rejoignit la dimension de Morphée sur un petit nuage…

« I said i will come back ! » résonne dans la brume.

L’humain sursaute, puis se sent pétrifié. Des bruits de pas courant bruissent à leur tour. Quand Greendle retrouve l’étincelle pour se mouvoir, un diablotin prend forme devant lui, en lieu et place d’une tranche de vapeur.

- I said i will come back ! déclare-t-il victorieux, avec le ton et la manière, fourche à la main tendue vers le haut.

à suivre / to be continued

© Pascal Lamachère – avril-août 2009


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samedi, août 22 2009

Dernier jeu plumeux ? Un dernier ptit jeu d'écriture ? Un cadavre exquis urbain...


illustration cadavre exquis urbain Paris Bordeaux Berges Garonne vue tour eiffel

(* Pour voir en plus grand la photographie du parc du champs de Mars et de la tour Montparnasse, cliquez ici
* Pour la photo de « Paris », cliquez ici
* Pour la photographie des berges de la Garonne à Bordeaux, cliquez ici)


Oyez, oyez !

Les jeux d’écriture sur le blog ne semblent plus titiller les plumes-claviers que vous avez au bout des doigts. Aussi, celui-ci est probablement le dernier. Et pour la symbolique, après avoir débuté par une escapade au grand vert campagnard, vous êtes invités à clore ce voyage collectif dans les paysages lettrés par un retour à la « civilisation urbaine », ou par un départ si vous habitez au sein de la nature, loin des villes.

Trêve de claviardage…

Késako un cadavre exquis urbain ? Ce n’est pas une histoire de meurtre à élucider collectivement et qui nécessiterait une finesse d’esprit, une savoureuse plume. Il s’agit simplement « simplement » d’un jeu collectif dans lequel chaque participant ignore, normalement, la contribution des autres, avant de pouvoir apprécier le résultat final. Le médium d’expression est à choisir d’un commun accord entre le pictural et les mots. Ici, ce sera, comme vous l’aurez compris, un jeu d’écriture.

votre mission sera/est :

- d’écrire un bout de phrase sur le modèle nom-adjectif-verbe-COD-adjectif, soit la partie nom-adjectif-verbe (le conducteur fatigué rate), soit, si la première a déjà été écrite, la partie COD-adjectif (le vélo bleu). Vous pouvez faire un peu plus long, détailler votre partie (En début de matinée, le conducteur fatigué rate…), mais il ne faut pas perdre de vue que même si c’est délirant, au final, il faut que la construction de la phrase soit « cohérente ».

- de vous astreindre à ne pas lire ce que vos prédécesseurs ont écrit, vous limiter au décompte du nombre de participations (normalement équivalent au nombre de commentaires affichés) avant votre contribution *, afin de savoir si vous devez écrire la partie nom-adjectif-verbe (s’il y a un nombre pair de participants avant vous) ou si c’est la partie COD-adjectif qui vous revient (si c’est un nombre impair de participants). Afin que le nombre de messages ne soit pas trompeur, je vous demande de ne pas poster de commentaires, réactions, ou si vous le faites, merci de mettre avec une participation. Notez que vous pouvez participer plusieurs fois si vos contributions sont espacées entre au moins un autre participant.

Le thème de ce cadavre exquis est « Urbain » (tout ce qui peut avoir un rapport avec la ville, la civilisation humaine dans les huttes en béton…). Vous avez jusqu’à la fin novembre 2009 pour apporter votre (vos) contribution(s), ensuite vous serez libre de commenter sans apporter vos mots à l’édifice, ainsi que de le continuer si vous en avez l’élan (mais cela deviendra plus délicat pour « suivre », vous devrez prendre connaissance, prendre en compte les interventions précédentes). J’éditerai ce message passé ce délai, et de temps en temps si on continue ce jeu, pour mettre le « résultat » et la liste des participants.

@ votre plume-clavier ! ou bonne continuation de surf !


* P.S : pour poster une participation, cliquez ici ou sur le nombre de commentaires ci-dessous, remplissez le sorte de formulaire, puis cliquez sur « Prévisualiser » puis sur « Envoyer ».

P.P.S : pour ceux qui sont sur FACEBOOK J’ai mis en place, il y a peu, un forum de discussions. Si ça vous dit de parler littérature, ciné, sports, actualité, philosophie, science, recettes de cuisine, musique etc. sur un forum-groupe, n’hésitez pas à y tremper votre clavier. Cliquez ici pour accéder à la page du forum et ici pour accéder à la liste des sujets déjà ouverts

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jeudi, juillet 16 2009

Donnez mes braves gens – Histoire d'associations à but non lucratif


Oyez, oyez !

Vous avez sûrement déjà été porté(e) par un élan, une brise, un tourbillon d’envie de bonnes actions sans pour autant voler assez haut pour franchir la ligne et ne pas retomber comme un soufflet sans avoir rien fait, concrétisé l’intention généreuse. Quelle cause supporter ? Pourquoi ? Est-ce que mon argent sera bien utilisé ? sont des questions qui ont peut-être freiné votre passage à l’acte.

Les associations sont nombreuses, toutes ont une raison d’être juste. Certaines des plus « importantes » d’un point de vue notoriété ont fait des « remous » et jeté un certain discrédit à cause de profiteurs, du « mal humain-animal ». Pour autant, les âmes de bonne volonté sont nombreuses, les associations surveillées et il ne faut pas, il est dommage de se décourager, briser, laisser mourir l’impulsion, la flamme.

Bref, j’arrête ce laïus et vous invite à vous pencher sur deux associations que je sais sérieuses. Que vous soyez un bienfaiteur compulsif qui profite de la déduction des impôts pour donner plus ou un donneur occasionnel ou potentiel, j’espère que cela vous intéressera…

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* LibEnfant : Depuis sa création, l’association LibEnfant aide de nombreuses familles libanaises à financer la scolarité de leurs enfants (le Liban a été touché par de nombreux conflits, dont la guerre israélo-libanaise de 2006). Vous en saurez plus sur leur site.

Leur site web : http://www.libenfant.com/

Possibilités de dons :

- don financier. Cliquez ici pour les modalités.

- acheter des calendriers ou pâtisseries libanaises (achat des pâtisseries réservées aux salariés des comités d’entreprises partenaires, pour le moment. N’hésitez pas à les contacter pour avoir plus de renseignements). Cliquez ici.

- Si vous avez beaucoup de cassettes vidéos ou vhs (plus de 500), vous pouvez les donner à l’association qui se chargera de les “donner” à une entreprise partenaire, pour recyclage. Notez que cette opération est lourde à mettre en place au niveau logistique, secrétariat, et qu’à moins que vous habitiez près, il vaut mieux que vous motiviez votre CE, votre quartier pour une collecte commune et un acheminement aux frais de votre collectif. Cliquez ici pour accéder à la page qui est consacrée à cette opération.

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* API-PER (Action Pour l’Indonésie - Pour les Enfants de la Rue) : Créée à la suite du tsunami du 26 décembre 2004, vise dans un premier temps à améliorer la vie des enfants des rues de Jakarta et des environs proches de la capitale indonésienne. Vous en saurez plus sur leur site.

Leur site web : http://www.api-per.org/

Possibilités de dons :

- Participer au rallye pédestre (à Paris) : Paris d’art d’art, le 2009-10-04. Cliquez ici.

- Acheter des confitures, à retirer à Paris ou Saint Cloud. Cliquez ici.

- Faire un don en nature ou en argent. > Cf les modalités ici <

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Comme l’a chanté monsieur Enrico Macias :

« Donnez donnez dodo-onnez
Dieu vous le rendra… »

ou si vous préférez :

«  Donnez donnez dodo-onnez,
Videz votre porte monnaie
Tant que cela ne crispe votre banquier,
Plus allégé, votre coeur vous le rendra…
(pas garantie, mais vous n’aurez pas essayé pour rien ;o) »

@ Peluche !
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mardi, mai 19 2009

Paroles de typographe


Un roman, un recueil, des paysages lettrés, c’est une histoire d’amour entre un auteur et les souffles musés, un oeil observateur qui épouse son environnement pour l’emporter ailleurs, le modifier à son grès ou non… Mais qu’en est-il du contenant ? Une fois ancré dans le « réel », l’histoire peut encore être encrée de différentes manières. Commence alors un « conte », une autre histoire d’amour qui implique différents corps de métier, des « artistes » qui nous permettent d’avoir entre nos mains ce qui, au départ, pouvait être qu’une vague ombre d’idée impalpable, quelques gouttes en dormance.

A l’heure de la dématérialisation de certains biens, nous sommes encore très nombreux à préférer avoir un beau livre en main, pour son odeur, son toucher, un confort de lecture plus mieux, plus libre, plus agréable… Cependant, même si les ebooks ont aussi leurs avantages, un tapuscrit, manuscrit brut de clavier-plume, mérite aussi d’être embelli. Et, en fait, quelque soit le « support final », c’est cela, la typographie qui constitue l’objet de ce claviardage, et non un débat entre le numérique et le papier. Et ce n’est pas parce que c’est la crise que nous devons mettre au placard la valeur ajoutée, le savoir faire, l’amour des belles « lettres ». Au contraire !

A l’attention des différents acteurs (auteurs, éditeurs, libraires) et spectateurs (lecteurs) de l’univers littéraire, afin de vous faire (re)découvrir le métier de typographe, je laisse la parole à monsieur Olivier Marcellin, autour de quelques questions. Pour en savoir plus, vous trouverez l’url de son blog-site à la fin.

* Tout d’abord, cela doit vous brûler le clavier, une petite présentation de votre métier ?
Mon métier de typographe (le terme graphiste est préféré actuellement) consiste à utiliser les caractères à bon escient.
En premier lieu, il s’agit d’effectuer un choix adapté en fonction du contenu textuel.
Ainsi la composition typographique d’un annuaire est très différente de celle d’un ouvrage littéraire, ou encore d’un journal.
Une fois sélectionné le ou les caractères qui vont composer les textes (ils sont souvent associés en couple titre et texte courant), la conception graphique prend le pas sous un second volet de compétence tout aussi exigeant.
Je me réfère à plus de 500 ans d’histoire de la typographie et de la mise en pages, ce qui m’a demandé un apprentissage d’une dizaine d’année avant de commencer à me sentir à l’aise dans l’exercice de cette discipline.

* Qu’est-ce qui vous a donné envie de l’exercer ? Pouvez-vous nous parler un peu de vous ?
Je suis sensible aux arts graphiques et au savoir livresque depuis mon enfance, je pensais d’ailleurs devenir artiste peintre.
Mais j’ai découvert les métiers du design à travers des études en arts graphiques, avec un BTS expression visuelle au début, pour me spécialiser ensuite en création typographique.
Aussi, je me suis tout naturellement intéressé à la mise en pages au début, puis à la micro-typographie et à l’usage des grilles harmoniques, puis enfin à travers l’écriture (écrire est une seconde passion).
J’ai obtenu une maîtrise d’art en création typographique à l’École supérieure Estienne (DSAA création typographique).
Au final, j’ai créé un studio de création entièrement dédié à ces disciplines, Textualis, ainsi qu’un site internet pédagogique dans le cadre d’interventions universitaires, Objets livres.

* J’imagine qu’il doit y avoir une différence de qualité, de même que le soin apporté au contenu d’un livre à l’autre par un même auteur est rarement « égal ». Y a-t-il des ouvrages sur lesquels vous avez travaillés et dont vous êtes le plus fier ? Y a-t-il des ouvrages faits par vos pairs, ou nos ancêtres, qui constituent, pour vous, des références en matière de typographie ?
J’ai eu l’opportunité de travailler au côté du graphiste Philippe Apeloig (par ailleurs affichiste et directeur artistique du Louvre) sur un ouvrage d’art Style Japon édité chez Phaidon et quelques autres chez d’autres éditeurs. Mais mon état d’esprit me donne effectivement envie de parler plutôt de mes pairs. Le typographe allemand Jan Tschichold a formalisé ses recherches à travers de nombreux manuels pratiques qui constituent toujours aujourd’hui une immense référence, il a été directeur artistique aux éditions Penguin à Londres après guerre.
Il en est de même avec l’influence de Jost Hochuli, concepteur graphique suisse et auteur du célèbre ouvrage Designing books édité chez Hyphen Press.
En France, et toujours dans la même période, Robert Massin et Pierre Faucheux ont inventés tous les deux le métier de graphiste dans notre pays, de part leur contribution aux clubs des livres, mais aussi, à travers des créations chez de grands éditeurs, parmi lesquels Gallimard pour Massin. Ce dernier à conçu la collection « Folio » à fond blanc et au caractère unique : le Baskerville, ou encore la collection « l’Imaginaire » présentant le choix d’un caractère unique pour chacune des couvertures, c’est-à-dire une solution inverse à Folio (qui mise sur la variation des iconographies), tout cela dans les années 70.
Ces ouvrages sont toujours disponibles aujourd’hui, même si la collection Folio a légèrement évoluée dernièrement (changement du caractère Baskerville pour deux autres en association, auteur et titre de l’ouvrage, ce qui est moins intéressant).
En matière de créateurs contemporains, j’admire le travail du typographe anglais David Pearson pour les éditions Zulma qui exerce dans la grande tradition des couvertures à motifs. Ses créations se distinguent de toutes les autres en librairie (j’invite nos lecteurs à en faire l’expérience), à l’aide d’un graphisme inspiré du mouvement Op art, si bien que celles-ci hypnotisent le regard et suscitent l’envie de s’approprier le livre dans les mains. L’enjeu commercial se marie ici parfaitement avec un enchantement visuel.
Malheureusement, ce cas de figure est anecdotique dans la masse de la production littéraire.

* Quelle est votre vision de l’évolution du marché du livre ? Ce que vous espérez ?
Pour des raisons à priori économiques, le marché du livre a occulté le métier de typographe qui est pourtant intimement lié à son origine.
Paradoxalement, il y a une normalisation de l’aspect graphique des livres chez les grands éditeurs français, c’est particulièrement le cas de la composition des pages intérieures qui est délaissée, étant composées de manière industrielle.
Pourtant cela représente l’essentiel de l’ouvrage, c’est là que l’attention devrait être la plus importante pour un respect des textes et des lecteurs, mais elle est pourtant négligée dans la quasi totalité des cas.
Le marché s’est donc orienté vers une déprofessionnalisation des métiers traditionnels, d’autant plus renforcé par la tradition littéraire qui cherche avant tout à privilégier le seul contenu au dépend du contenant jugé inutile.
Pour finir ce tableau sombre, les formations aux métiers du livre comportent le plus souvent aucune sensibilisation à l’histoire graphique.
Il y a là sûrement un réel manque de sensibilité qui fait défaut pour de futurs professionnels éditeurs ou bien directeurs éditoriaux, car le jugement de qualité ne peut se faire que par l’enseignement et par la comparaison.
Cela pourrait s’apparenter à la recherche du goût qui fait défaut, car je suis convaincu d’une bonne volonté des éditeurs, mais il est impossible de faire évoluer ces bonnes intentions s’il n’y a pas de pédagogie ou encore d’expositions.
Les professionnels typographes parmi lesquels je suis issu (que l’on estime à une centaine dans notre pays) sont pourtant bien à l’appel mais l’édition continue à se faire invariablement sans nous, ce qui contribue inéluctablement à notre disparition, en contradiction avec les longs efforts mis en place pour nous former.
Les collections de romans pourraient pourtant faire part d’une plus grande qualité de composition des pages intérieures, par de biens meilleurs choix typographiques et de la mise en forme du texte.
Face à l’essor du Web, il y aurait pourtant matière à innover.
Cela ne coûterait pas plus cher, étant donné que nous sommes constitués en micro-structures artisanales.

* Quelques derniers mots, dernières pensées, « pour la route » ?
L’objet livre est le contraire du livre objet, il s’agit très modestement du support de la pensée littéraire… et graphique.

Merci !

(Pour en savoir plus, vous êtes invités à visiter Objets Livres : http://www.objetslivres.fr

{optimisé pour les navigateurs Safari et Firefox sur MacOs})

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