Blog littéraire, artistique de Pascal Lamachère

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mardi, août 9 2016

Poèmes + écologie, politique, message par l'art + appel femmes de Gaza + jeux olympiques de Rio 2016 etc


dessin oeil femme terre amérique pour illustrer la note, compilation de liens



La rai­son éco­lo­gi­que : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2015/09/la-rai­son-eco­lo­gi­que/



Bon­jour !

Depuis hier, l’huma­nité aurait con­sommé la tota­lité du “bud­get éco­lo­gi­que” annuel de la Terre. Si la popu­la­tion mon­diale con­som­mait comme la France, d’aucuns pen­sent que 3 pla­nè­tes Terre seraient néces­sai­res.

Ceci dit, il me sem­ble que le « dos­sier » / « pro­blème » est à met­tre en pers­pec­tive avec le régime ali­men­taire (et mode de pro­duc­tion), façon de faire de la poli­ti­que et de mener « l’éco­no­mie » (pro­blème de l’obso­les­cence pro­gram­mée, pro­duc­tion dis­pen­sa­ble pour ali­men­ter un sys­tème de con­som­ma­tion-tra­vail-con­som­ma­tion etc.).

* Bref, voici des com­pi­la­tions de docs que je vous invite à con­sul­ter :

- Divers docs (éco­lo­gie, santé, végé, éco­no­mie-poli­ti­que, mes­sage par l’art) : https://fra­mas­phere.org/posts/2076742

- Selon une “étude : si tout le monde deve­nait végé­ta­lien, on sau­ve­rait 8 mil­lions de vies” (7,3 avec régime végé­ta­rien) : https://fra­mas­phere.org/posts/2040790

- Liste-com­pi­la­tion de vidéos divers (poli­ti­que, éco­no­mie, tech­no­lo­gie, ali­men­ta­tion, phi­lo­so­phie, artis­ti­que etc.) : https://www.you­tube.com/play­list?list=PL9C4E9847954BBFF4

- Divers docs (phi­lo­so­phie sur l’auto­rité, l’huma­nité, poli­ti­que, le mes­sage par l’art etc.) : https://fra­mas­phere.org/posts/2065448

- Quel­ques recet­tes pour l’été, voire toute sai­son : https://fra­mas­phere.org/posts/2022748

- Alter­na­ti­ves à cer­tains outils (moteur de recher­che, réseaux sociaux etc.) : https://www.face­book.com/des­points­de­vue/posts/1359385854076466

- Les fem­mes de Gaza appel­lent les fem­mes du monde et per­sonne ne répond ? : https://fra­mas­phere.org/posts/2075140

Pour ceux qui sont sur Face­book, vous trou­ve­rez des com­pi­la­tions par­ta­gées sur la page d’Un point de vue : https://www.face­book.com/des­points­de­vue/


* Je vous invite encore et tou­jours à sou­te­nir Per­sonne, Artiste qui info-scé­na­rise des ques­tions de société et d’actua­lité avec talents. A voir notam­ment son billet pour les jeux olym­pi­ques :



J.O : Le cré­pus­cule des idiots : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/08/j-o-cre­pus­cule-idiots/


Comme elle s’auto­pro­duit, elle ne peut comp­ter que sur notre sou­tien, le sou­tien des inter­nau­tes. Alors si vous en avez l’élan, pour la sou­te­nir, vous pou­vez deve­nir copro­duc­teur dona­teur (com­prend lien d’accès à la page où vous pour­rez voir le film) du film “Le pro­cès d’un pro­cès” : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/cam­pa­gne-de-sou­tien-film-pro­ces-dun-pro­ces/

ou pas­ser par la case “Cam­pa­gne de sou­tien pour les films et le jour­nal de Per­sonne” : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/cam­pa­gne-de-sou­tien-films-jour­nal-de-per­sonne/


* Quel­ques liens poè­mes, tex­tes de moi (via liens sur Face­book et Fra­mas­phere, mais même si vous n’y avez pas de compte vous devriez pou­voir y accé­der, les lire) :

Début his­toire : Au bout du fil : https://www.face­book.com/notes/pas­cal-lamach%C3%A8re/au-bout-du-fil/10154120844086418

Texte poé­ti­que : Regard lunaire : https://www.face­book.com/notes/pas­cal-lamach%C3%A8re/regard-lunaire/10154140279976418

Texte poé­ti­que : Un regard d’ère : https://www.face­book.com/notes/pas­cal-lamach%C3%A8re/un-regard-d%C3%A8re/10154096176586418

Texte poé­ti­que : Des nou­vel­les du monde : https://fra­mas­phere.org/posts/2064191


* Divers liens (art, actua­lité, alter­na­ti­ves diver­ses) : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/per­son­nea­per­sonne.php


Bon mois d’août,
@ pelu­che,
Pas­cal


mercredi, mars 11 2009

Jeu de rôle sur forum Firrriöne ou la Terre de Tolkien, nouvelle introductive

bannière jeu de rôle par forum la Terre de Tolkien


Il était une fois, dans une loin­taine galaxie…

« Attends, grand Pah ! Si l’his­toire se déroule sur la pla­nète où l’on va aller, elle ne se trouve pas dans une galaxie loin­taine, non ? »
« Je suis d’accord avec Tibon, le début est nul ! »
« Les enfants ! Lais­sez Pah con­ter l’his­toire ! »
« Merci Luna. Tibon, Veline, j’aurais pu adap­ter cette his­toire à votre géné­ra­tion, mais com­pre­nez qu’il s’agit de se met­tre à la place de ceux qui atten­daient que les éclai­reurs revien­nent de plu­sieurs galaxies ! Bon, je reprends… »

Il était une fois, dans une loin­taine galaxie, une expé­di­tion humaine com­po­sée des vais­seaux spa­tiaux Sky­wal­ker 6, Pot­ter 7, Sda 3, Dis­que Monde 36 et Kok 1. Depuis Terra Octa, l’expé­di­tion avait tra­versé le cen­tre de l’uni­vers, le voile rouge du cen­taure, la galaxie gelée de Vela­nore la bleue, avait réussi à évi­ter de peu l’attrac­tion des cra­tè­res for­més par les galaxies jume­lées bap­ti­sés les Mires

« Bip ! Firr­riöne moins 45 bat­te­ments ! »

Lou lança un regard atten­drit et fit un petit signe de la main vers sa petite famille réu­nie sur un fau­teuil en forme d’étoile, dans une pièce ovale trans­lu­cide. Bien qu’il n’était pas tech­ni­que­ment utile, le com­man­dant de la navette devait être pré­sent à l’arri­vée. Celui-ci était resté debout, près de l’entrée, et n’avait que quel­ques pas à faire et un élé­va­teur à pren­dre pour se retrou­ver dans la salle des navi­ga­teurs-ser­veurs-androï­des où les rôles et les tâches s’effec­tuaient et se chan­geaient en fonc­tion d’un plan­ning écrit au bat­te­ment près, avec un sur­plus d’effec­tif dédié à « l’impré­vi­si­bi­lité humaine ». Seul le rôle de Lou n’était pas inter­chan­gea­ble. Pour la sta­gna­tion (équi­va­lent de l’atte­ris­sage) le pro­to­cole exi­geait la pré­sence d’un humain à qui le rôle avait été con­fié et enre­gis­tré dans la base de don­nées. Si jamais il avait trouvé la mort avant de rem­plir son rôle, la navette se ser­rait mise à l’arrêt le temps que les auto­ri­tés com­pé­ten­tes enre­gis­trent un nou­veau res­pon­sa­ble.

Pour­quoi un être humain est-il indis­pen­sa­ble pour l’arri­vée ? Allez deman­der cela à l’équi­page test du nou­veau pro­to­cole qui devait démon­trer que cette étape, entre autre, était inu­tile, que les ordi­na­teurs pou­vaient juger par eux-mêmes si suf­fi­sam­ment bien pro­gram­més. Seu­le­ment, vous ne pour­rez inter­ro­ger que la copie de leurs cons­cien­ces avant le moment fati­di­que. Ils ont tous trouvé la mort en atter­ris­sant dans un lieu mal­famé. Même pas à cause de pira­tes de l’espace qui les auraient pris par sur­prise. Non. Ils s’étaient retrou­vés dans un lieu peu­plé par une espèce de mou­tons noirs qui s’étaient avé­rés être des car­ni­vo­res plus dan­ge­reux et plus effi­ca­ces que des lions affa­més cou­plés à des piran­has. Un com­man­dant humain bien formé aurait inter­dit l’appro­che sans s’être assuré que ces créa­tu­res ne repré­sen­te­raient aucun dan­ger. Le cer­veau infor­ma­ti­que les avait pri­ses pour des mou­tons de Terra Prima bour­rés de méla­nine et n’avait pas cher­ché plus loin. Le pro­gram­ma­teur, après s’être excusé, avait pro­posé d’affû­ter son pro­gramme, mais suite à ce drame ses détrac­teurs ont eu gain de cause : pour­quoi rem­pla­cer un homme qui fera tou­jours par­fai­te­ment son tra­vail, avec un ris­que 0 si bien épaulé par la tech­no­lo­gie qu’il a à dis­po­si­tion ?

Lou avait donc quitté les siens en cou­rant pour faire son der­nier devoir au cours du voyage entre­pris une année humaine aupa­ra­vant, 7 années après le pre­mier con­tact avec les firr­riö­nei­mos. Lors de sa sélec­tion en tant que com­man­dant pour ce voyage, et pen­dant sa for­ma­tion, sa curio­sité avait été émous­tillée au point qu’il aurait posé les pieds même s’il y avait un nid de Pira­tons (les créa­tu­res qui avaient été pri­ses pour des mou­tons noirs).
En pre­mière « décou­verte annon­cée et atten­due », au moment où il mit les pieds dans la salle des navi­ga­teurs-ser­veurs-androï­des, la navette tra­versa le voile de brume qui entou­rait la pla­nète et englo­bait pres­que la moi­tié de cette galaxie. Un espace blanc cré­meux s’éten­dit à perte de vue, les étoi­les se dis­tin­guè­rent à peine et même les yeux les plus acé­rés ne purent jurer qu’il y avait un uni­vers vaste au-delà. Étant donné qu’aucun ins­tru­ment de mesure humain n’avait pu cap­ter cette par­tie blan­che de l’uni­vers, et étant donné les décou­ver­tes fai­tes sur Firr­riöne, ce phé­no­mène avait trouvé une expli­ca­tion magi­que au sein des bou­ches et des cer­veaux aussi bien vivants qu’infor­ma­ti­ques.

Le com­man­dant se trouva main­te­nant face à une vue miri­fi­que de la pla­nète ter­mi­nus. Il savoura ces quel­ques ins­tants, le cham­bou­le­ment créé par des efflu­ves magi­ques dan­sant autour de son corps puis tra­ver­sant les pores de sa peau. Il fris­sonna et épous­seta fiè­re­ment sa tuni­que océane aux épau­let­tes étoi­lées. Il se trou­vait à des cen­tai­nes de mil­lions d’années lumière de ce que ses pairs pen­saient être la pla­nète de l’ori­gine humaine et se trou­vait à la fois insi­gni­fiant et ouvert à un pou­voir sans bor­nes. L’ima­gi­na­tion de ses ancê­tres n’étaient-ils que des relents d’une réa­lité qu’ils avaient jadis effleu­rée grâce à leur sixième sens et dans laquelle ils bai­gnaient à pré­sent ? Sur­nom­mer Firr­riöne la Terre de Tol­kien était un de ces hom­ma­ges ren­dus his­toire de par­ta­ger la décou­verte avec leur mémoire. En y repen­sant, Lou se féli­cita d’avoir voté pour.

La vague de plai­sir passa et les impé­ra­tifs rap­pe­lè­rent à l’ordre le nou­veau magi­cien : il avait attiré dans sa main un verre de jus de pirias qui trô­nait sur le pla­teau-main d’un ser­veur pen­dant que le mes­sage « Ordre à don­ner » cli­gno­tait sur le devant trans­lu­cide du cock­pit.
 
« Ova ? Affi­che-moi notre lieu d’atte­ris­sage ! »

La carte de la pla­nète s’affi­cha puis laissa place à la carte du con­ti­nent et enfin un zoom fut fait sur une cité jusqu’à ce qu’une infra­struc­ture prenne toute la place. Lou cons­tata que tout était « nor­mal » et le dra­peau blanc était hissé au som­met du bâti­ment qui devait les accueillir.

« Ova, je cer­ti­fie que la sta­gna­tion peut débu­ter ! »

Ova, l’ordi­na­teur vigile avancé, lui demanda d’appo­ser son front con­tre le scan­ner de neu­ro­nes. Lou avait déjà entamé le geste et le laser fit aus­si­tôt son oeu­vre. Il avait hâte de se dégour­dir les jam­bes sur cette terre… et de décou­vrir quel serait son second pou­voir. D’après les témoi­gna­ges recueillis, chez les adul­tes le second pou­voir se mani­fes­tait quel­ques bat­te­ments après avoir res­pi­rée la pla­nète. Plus que 2 bat­te­ments et cela serait pos­si­ble…

Il était une fois une pla­nète où la magie était aussi pré­sente que l’air dans les pou­mons d’un vivant, une pla­nète où se côtoyaient des tech­no­lo­gies dites pri­mi­ti­ves et des tech­no­lo­gies de l’ère bap­ti­sée l’âge d’Isaac Asi­mov ou plus com­mu­né­ment l’âge sf, une pla­nète où se tra­mait depuis la nuit des temps la des­ti­née du grand tout dans l’ombre du big-bang, dans l’ombre des étoi­les de l’uni­vers connu…
Il était une fois une pla­nète où moult guer­res épi­ques en avaient fait explo­ser des mor­ceaux, une pla­nète où, au prix de la désin­té­gra­tion de quel­ques « pre­miers », un mel­ting-pot de créa­tu­res fée­ri­ques et démo­nia­ques avaient finies par trou­ver une paix pré­caire sur la majo­rité de sa sur­face (du moins ce qu’en avaient déduit les « étu­diants »)… La venue des vais­seaux avait cham­bou­lées les for­ces en pré­sence et les « gar­diens » avaient dû faire face à l’écume de trou­bles, suf­fi­sam­ment con­te­nus pour être cachés de la con­nais­sance des « sur­veillants » humains.

La suite, l’his­toire à venir des êtres vivants de cette pla­nète fut écrite par cha­cun, anciens et nou­veaux… Y pren­drez-vous part ?

*         *
                                                                                                    *



mardi, février 24 2009

Le tique d'Éros ou la volupté du ciel


Bien que cela reste suggestif, certaines « scènes d’amour » du texte, du « conte érotique » dont il est question sont susceptibles d’heurter la sensibilité de jeunes lecteurs. Aussi, j’ai protégé son accès par un mot de passe qu’il vous faut me demander via le formulaire de contact (cliquez ici).

Une fois que vous aurez ce mot de passe, il vous suffira de l’entrer à l’url, l’adresse donnée (ou cliquez ici pour accéder à la page).

@ peluche
Pascal

dimanche, mai 8 2005

Visite guidée chez les nains droliticus fernus


Pour commencer cette visite digne d’une histoire, épopée stellaire serait plus juste, je vous parlerai tout simplement du sujet. Car c’est à travers ce sujet que vous vivrez l’univers à venir, à tel point qu’à la fin vous penserez comme lui, boirez, mangerez comme lui, dormirez et peut-être même, vivrez comme lui ! ATTENTION donc aux abus… Il serait plus sage de déchirer là, tout de suite, les pages de votre contrat de visite et partir… mais c’est trop tard… Vous venez de faire un pas, un pas de trop dans leur monde. CE monde, diaboliquement diabolique, diaboliquement entraînant, diaboliquement enquiquineur, ravageur, destructeur de quotidiens bien réglés, atomiseur d’idées reçues, exterminateur de bullage, et surtout, fouetteur de gentillesse. Assurément, vous en sortirez tout retourné et nous espérons juste que vous en trouverez la sortie sans agir d’une façon qui nuirait à l’image de ces pauvres petites bestioles qui ne veulent que votre malheur. Vous tarde peut être de savoir qui sont ces « bestioles », ces amis, ennemis, ces olibrius qui travaillent dans l’ombre de vos cauchemars ? Ce sont… tam dam dam… les nains droliticus fernus, plus communément appelés les nains fernaux. Le nain fernal est une espèce protégée et crainte, même des dieux. C’est pour dire. L’explication est toute simple… Les nains fernaux, depuis qu’ils se sont réunis en société, ont mis à feu et à sang tous les lieux où ils étaient, l’enfer en premier. Ils ont été chassés, ou disons qu’ils se sont fait offrir, pour le bien de tous, un lieu bien à eux, une planète solitaire d’où ils pourraient servir les desseins des dieux - car ils aiment se rendre utile - et où ces êtres vivants pourraient se défouler, vivre en « paix »…

Parlons donc de ces créatures, les nains fernaux… Au niveau morphologique, vous constaterez qu’ils sont… petits ! Oui, gagnez ma petite dame ! Et ? Ils ont des protubérances au niveau du front, bien pensé ! Mais encore ? Une petite queue en forme de fourche ? Bingo ! A ceci près qu’elle est assez longue. Vous avez gagné un voyage sur leur planète, tous frais payés par votre rire. Et ensuite ? Redevenons sérieux, enfin, essayons. Ensuite, plus difficile à deviner, le teint de leur peau est cuivré, leurs pieds et mains sont bizarroïdes. Ils ont trois doigts, trois gros pouces aux mains, et trois gros petits doigts aux pieds, proches de ressembler à des sabots de cheval. Enfin, ils ont des oreilles pointues semblables à celles des elfes, dont la longueur est un reflet de leur dominance, et ils sont vêtus d’une sorte de pagne, avec une frange à la romaine sur les épaules. Ceci est pour les particularités communes. Après, chaque nain fernal est différent et il convient de différentier le nain malus, de la naine femmeus. C’est la première différence entre ces créatures, la plus voyante mais en même temps celle qui les rapproche le plus. Les nains et naines s’entendent parfois mieux entre eux que les nains avec les nains, ou les naines avec les naines. Les malus ont en effet une fâcheuse tendance à se disputer la moindre parcelle de terrain, la moindre sollicitation des dieux, tout ce qui pourrait les valoriser aux yeux des naines. Les femmeus, elles, ont une fâcheuse tendance à se disputer le pouvoir du fouet ultime, celui qui leur permet de créer les cauchemars sans se blesser, de pouvoir se déplacer sur d’autres planètes ; les nains sont parqués sur leur planète, la Naimbuse Verte, pour leur vie sociale, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas en sortir. Précisons néanmoins que le fouet permet avant tout aux naines de se faire obéir de tous les malus, sans exception. Et ce qui différencie un malus d’un autre ? En dehors des nuances sur les traits du visage, des mimiques, pas toujours faciles à repérer, viennent l’attitude vis-à-vis des taches qui leurs sont données, leur approche vis-à-vis du reste de l’univers, leur façon de faire cauchemarder…
 
Penchons-nous d’un peu plus près sur leur cas ! Voici un groupe de nains fernus malus d’un côté, un groupe de femmeus de l’autre et un troisième groupe où les malus et femmeus sont mélangés. Vous remarquerez que le groupe composé uniquement de malus campe et se dispute le lieu où arrivent les missives divines. Leur principale arme pour la lutte finale se situe au niveau du front : les cornes qui sont plus grosses que chez les autres. Elles leur permettent, tête baissée d’un certain angle sur le droite ou la gauche, d’envoyer valdinguer leur rival, de faire fuir, de faire des farces en tous genre. Il ne vaut mieux pas être douillet lorsque l’on subit une de leurs frasques, car le fernus aime faire mal. Pour s’en débarrasser, il faut lui renvoyer ses blessures : dès qu’il a mal, il fait un bond de quelques centaines de mètres en arrière… Ce qui peut être fâcheux, si il y a une fosse à cet endroit là, vous me suivez ?

Le groupe composé uniquement de naines se retrouve au lieu où le linge des dieux arrive, le lieu où des morceaux de fouets tombent du ciel. Elles, elles ont « compris » que la violence directe ne servait à rien, qu’il valait mieux qu’elles se partagent ce qui arrivait… Elles ont tout simplement une autre façon de se disputer. Elles propagent des rumeurs les unes sur les autres. Voyez cette belle naine chuchoter à l’oreille d’une de ses comparses en pointant du doigt une laissée pour compte, un des effets secondaires de leurs rivalités. Chacune tente d’avoir de son côté le plus de courtisanes, une façon d’affirmer sa domination.

La plupart du temps, les nains et naines de ces deux groupes, lorsqu’ils se croisent, se draguent d’une façon peu romanesque. Pour s’en rendre compte, il suffit de porter son attention sur un petit groupe de nains éparpillés qui siffle à l’instant un groupe de naines qui passe devant eux, en ajoutant un fleuri « Eh, poulettes ! Vous savez que vous en jetez grave ? ». En retour, regardez avec quelle élégance une naine fait un clin d’œil, l’accompagnant d’une grimace à l’un d’entre eux, pendant qu’une autre tire la langue en se léchant plus ou moins les babines…

Les nains et naines du groupe mixte ont la particularité d’avoir les oreilles les plus petites, mais de bien s’entendre, d’être bien organisés. Ce qui ne les empêche pas d’avoir l’esprit nain fernus et ce qui ne les rend pas pour autant plus efficace dans leur mission. En effet, ils passent plus de temps à dialoguer, et passent aussi plus de temps à se regarder dans les yeux. Voyez donc sur l’esplanade en feu comment un nain fait valser sa partenaire dans les airs. Ou comment encore, près des tables en plein air, en pleine mission, une naine fait sa démonstration de fouettage sur le plateau d’un malheureux serveur, pendant que les autres applaudissent.

Maintenant, vous brûle sûrement l’envie de voir plus en avant à l’oeuvre l’esprit nain fernus droliticus ? Ce que sont leurs missions ? Et bien brûlez donc, brûlez jusqu’à ce que votre curiosité vous fasse approcher de l’auto-combustion. Peut-être alors serez-vous à même d’en devenir un ?… la meilleure façon de se plonger dans leur histoire, une histoire qui vous avez été cachée jusque là, qui existait déjà dans le berceau de l’univers où nous vivons aujourd’hui… Suivons donc sur les écrans une de leur tranche de vie en cours, des bouts de leur dialogue…

Ashilie, une des plus « sages » naines fernus : « Vous vous rappelez le jour où, après avoir voulu tester un nouveau fouet, nous avions fait trembler l’enfer au point d’envoyer quelques âmes errantes au paradis, et où le bout du fouet céleste ultime, ayant la capacité de traverser les dimensions, avait amené quelques anges avec lui ? »

Torin pouffant de rire : « Et puis le jour où nous nous étions tous mis des auréoles, des masques, et où nous avions fait boire un breuvage à tous les gardiens de l’enfer pour leur faire croire qu’ils s’étaient réveillés au paradis ? Et aussi le jour où nous étions rentrés dans le rêve du pape de l’époque pour l’enguirlander avec notre bonne vieille méthode ? »

Mirus riant puis faisant une triste mine : « Je me souviens aussi du jour où l’un de nous s’est mis à réciter un poème dans le rêve d’un dictateur d’une planète, un poème qui l’a apparemment fait devenir gentil… ce fut un cauchemar pour lui, mais ce fut en quelque sorte aussi un de nos échecs… tu te souviens de ce nain ? »

Torin : « Ah, pour sûr, suite à ça, on l’avait surnommé le pouetateur. Il ne savait trop lui même ce qui l’avait pris ce jour là et il en a été troublé au point de ne plus vouloir rentrer dans les rêves. Il a fallu que des naines le fouettent pour qu’il retrouve un semblant d’esprit cauchemardesque… »

Ashilie : « Moi, je me souviens du jour où j’ai eu le fouet céleste ultime entre les mains pour aller résonner des martiens qui avaient fait exploser une bombe sur une planète voisine… résultat, ils n’ont plus eu de bombes mais ils ont été disséminés dans toute la galaxie… et Mars est devenue ce qu’elle est… »

Ah, j’avais oublié de vous expliquer quelques détails « techniques » que vous retrouverez sur vos écrans… Les nains fernaux ne dorment pas à proprement parlé. Ils entrent en mission lorsque leurs yeux se ferment. Les nains fernaux ne peuvent pas non plus mourir à proprement dit, ils ont une vie quasi-illimitée, d’un big-bang à l’autre. En « contre partie », rares sont ceux qui peuvent faire des bébés nains fernaux. La planète - la Nainbuse verte dite la nebulus fernaticus - sur laquelle ils vivent, est une des seules planètes de leur galaxie qui a pris leur nom : la cul-de-sac droliticus fernus. Ils sont de plus quasiment les seuls êtres vivants de cette galaxie, toute dimension confondue. Pour finir, ils ont un langage propre où les gestes comptent beaucoup, où le moindre détail a son importance ; détails que nous vous traduisons à l’instant (yeux démoniaques, main tendue = moi aussi je t’apprécie ; yeux démoniaques, main replié = soyons amis ; yeux gentils, main sur le cœur = va te faire voir chez les humains). Certaines expressions leurs sont propres, auxquelles il n’est pas toujours facile de se familiariser (pour dire, l’équipe féerique mise en place depuis que l’homme est homme, ayant appris leur existence, partie à leur découverte sur des milliers de générations, n’est pas sûre de ce qu’elle traduit).

Ashilie : « C’est pas tout ça, mais il va être l’heure de la visite annuelle de notre grand maître. Je dois aller préparer notre cérémonie… »

Ashilie ouvre la porte et s’engouffre dans le souffle soufré libre, croise au passage quelques nains fernaux déjà en costumes pour l’occasion. Dans le ciel, des pigeons célestes voyageurs commencent à tournoyer.

Torin : « Tu crois que cette fois nous allons avoir droit à une mission digne de ce nom ? »

Mirus : « J’espère surtout qu’ils vont nous élire nous, les nains fernaux, cette fois comme les serviteurs les plus loyaux. Même si nous avons pu faire quelques écarts. Après tout, nous avons été les plus actifs. »

Torin : « Nous aimerions tous, je crois, que ce soit le cas… faudra attendre la prochaine… »

Mirus sarcastique : « Oui, et cela risque malheureusement d’être remis à plusieurs millénaires… Tu te souviens du récent cas de Drumpodre, notre vénérable tenancier. »

Torin : « Pour sûr, j’étais de la mission. Il a détruit toute une partie du lieu où nous étions. Il en fut de même pour Niedou, trop zélée pour donner une leçon aux lanceurs de météorites. »

Mirus : « Oui, pendant un bon moment il n’y a plus eu de comètes, d’étoiles filantes. Les pauvres rêveurs que… bah, disons que ça fait partie de notre nature ! »

Torin : « Oui, mais quand même… enfin, bref, bon, faut aussi qu’on se prépare… »

Mirus et Torin vont dans leur chambre respective se changer… Voyez pendant ce temps, sautant d’étoile en étoile, un messager à la cape ailée se rapprocher.

Voyez… Quelques instants plus tard, tous vont se retrouver autour du grand autel où la grande prêtresse Ashilie se prépare à donner un petit coup de fouet… Quelques instants plus tard… Le messager apparaît soudain à leurs yeux en feu au dessus d’un nuage. Ashilie lance le fouet dans sa direction. Le rouleau de parchemin qu’il tenait tombe à ses pieds. Elle le déroule et le lit.

Ashilie : « Nous vous demandons de perturber l’univers de Rosaline le temps d’un songe… »

Torin : « C’est tout ? »

Entendez donc la clameur de déception gagner la foule de nains. Certains sont venus de tribus logeant à l’extrémité de la planète. Pour quoi ? Pour perturber un univers ? Ah ! Mais… mais…

Ashilie : « Mais nous sommes autorisés à mettre le paquet… »

Mais, en lisant entre les lignes, perturber un univers laisse une grande marge de manoeuvre… Et ils viennent de le comprendre ! C’est l’euphorie générale !

… Et maintenant, comme de coutume, Ashilie ferme les yeux, laisse le fouet céleste choisir les nains fernaux pour cette mission spéciale. Laissons-les donc déguster leur joie avant de l’accomplir le coeur à l’ouvrage. A noter qu’elle sera peut-être à terme au moment où nous quitterons leur planète…

Votre visite est terminée, le temps de fermer les yeux, nous serons revenus à bon port…

© Pascal Lamachère - 2002