Ins­piré de Lud­wig



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A l’ori­gine, un silence, une note sus­pen­due au-des­sus du vide,
Une eau calme cares­sée par le souf­fle de l’éter­nité,
Puis vient la pre­mière impul­sion,
Celle qui donne nais­sance aux éphé­mé­ri­des,
La baguette qui lâche la note dans l’ins­tant né,
La note qui décide de toute la par­ti­tion
En réso­nance sur l’océan de la vie
D’où, de toute part, le tout jaillit
En har­mo­nie avec la main divine,
La lumière qui orches­tre, affine,
Et les tour­billons nais­sent, meu­rent,
Et les silen­ces tom­bent, sou­lè­vent l’heure,
Et les papillons bruts, doux,
Bat­tent des ailes jusqu’à faire des nous,
Le vide et le plein, sens des­sus des­sous,
Pren­nent petit à petit une forme,
Une sym­pho­nie libé­rée du tout,
Un uni­vers lancé, gra­vité d’une pomme,
Jaillis­se­ment d’une lave
Jusqu’aux con­fins d’une enclave,
Une limite infi­nie, une falaise
Où s’échoue, se rejoint, repart,
Un éter­nel retour, des abî­mes aux cieux, jusqu’au phare,
Note et baguette sus­pen­dues, feu dans la braise.

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Ins­piré de Silence on meurt
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Dans le silence des étoi­les,
Se savoure l’ins­tant de la bas­cule ;
Le silence dans les déda­les,
Se mesure la cani­cule

Le vent fait, défait les pay­sa­ges,
Le temps assè­che, sou­lève, arrose,
Les sai­sons défi­lent avec les nua­ges,
Pous­sent, fleu­ris­sent et meu­rent les roses

Les cara­va­nes arri­vent, se garent, pas­sent,
Les plan­tes gran­dis­sent près des tuteurs,
Sui­vent jusqu’à ce qu’ils s’effa­cent,
La vie a sa terre et les vers leur heure

Dans le silence des cen­dres,
Une sagesse, har­mo­ni­ques à pren­dre ;
Le silence entre les notes
Rythme la par­ti­tion, con­duit la péotte.

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Ins­piré de Ana­phore
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Dans l’eau de la vie, le pain trempé ne doit tout absor­ber.
Les étoi­les sont dans la vérité, les angles chan­gent,
Le pen­seur qui s’accro­che à un rayon de lumière étrange
Peut per­dre de vue l’essen­tiel, le pano­rama de côté.

Les étoi­les sont dans la vérité ; le souf­fle des anges,
Les entrailles des abî­mes, les angles n’en voient la tota­lité.
Celui qui pense tout sai­sir en l’ins­tant pour­rait s’aveu­gler
Et per­dre l’envie, s’enchaî­ner ou l’être au temps des ven­dan­ges
Dans l’eau de la vie.

La liberté se gagne sur la voie, entre abîme et océan étoilé.
Dans l’eau de la sueur, le pain trempé peut tout absor­ber.
L’hori­zon ouvert peut por­ter la cha­leur vitale aux âmes refroi­dies.
Le cher­cheur à l’écoute des trem­ble­ments de l’esprit
Peut évi­ter les éter­nel­les cen­dres et trou­ver sa soif rafraî­chie
Dans l’eau de la vie.

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Ins­piré de Hé l’athée !



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L’aube se lève
Sur la grève,
La porte et les fenê­tres s’ouvrent,
Les rayons décou­vrent,
Ins­tant de vie,
Souf­fle d’une grâce
Ten­due vers l’infini

L’aube se lève,
Les ténè­bres chasse,
Les cieux au rêve
Qui se cul­tive dans la sève
Impal­pa­ble mais de sens,
La grâce au cœur qui s’élève,
Clef d’une exis­tence

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Ins­piré de Le réflexe d’Élec­tre



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Dans une prai­rie, sur la pente d’une mon­ta­gne, devant l’abîme, une lumière ren­con­tre une ombre.

L’ombre : « Que fais-tu à res­ter plan­ter-là ? Ta pesan­teur veut-elle le cen­tre de la terre ? »

La lumière : « Ce n’est par choix, mais par être ! »

L’ombre : « Ah, le paraî­tre ! Dans cette explo­ra­tion, cher­ches-tu à ense­ve­lir l’étin­celle, l’essence, ou peut-être les deux, père et mère dans un même lin­ceul ? »

La lumière : « Je cher­che… ce que je trou­ve­rai ! Qui sait ?! »

L’ombre : « Tu me trou­ve­ras tou­jours avec toi ! »

La lumière : « Qu’en sais-tu ? Plus je creuse, plus je vois les nuan­ces des recoins ! »

L’ombre : « Plus tu creu­ses par ici, moins je vois le ciel, et plus tu t’en détour­nes ! »

La lumière : « Toi ! Mais si tu vaux mieux que l’obs­cu­rité totale, le ciel peut se pas­ser de moi un ins­tant afin que je puisse sai­sir la nature de tou­tes cho­ses ! »

L’ombre : « Tu cher­ches la nature, mais tu creu­ses ?! »

La lumière : « Pour­quoi pas ?! »

L’ombre : « Pour­quoi pas ! Mais ne défor­mes-tu pas ainsi ce qui est ?! La nuit existe sans le jour ! Si la fleur de feu se pointe la nuit pour voir com­ment elle est le jour, le nuit reste-t-elle nuit ? Qu’est-ce qui est natu­rel­le­ment ? Si c’est ton être et celui des autres qui te préoc­cupe, le trou­ve­ras-tu dans tout ce qui dimi­nue, ou dans tout qui gran­dit ? Dans les murs qu’on a dres­sés et qui pour­rait dis­pa­raî­tre, dans les fos­ses creu­sées et qui pour­raient deve­nir des monts ?

La lumière : « En creu­sant, je te vois mieux ! Je vois ce qui n’était pas à ma por­tée, je puis appré­cier un peu plus la glo­ba­lité ! Faire abs­trac­tion de mon reflet et effleu­rer les recoins de l’infini des abî­mes ! »

L’ombre : « Tu ris­ques de te per­dre dans cette explo­ra­tion ! Le ciel est si beau ! C’est là où pousse la vie ! C’est là d’où vient son essence et la tienne ! »

La lumière : « Une par­tie de la tienne ! Et la tota­lité de la mienne… Mais il n’y a pas que ça ! »

L’ombre : « Et ? »

La lumière : « J’existe aussi pour sai­sir les têtes des chau­miè­res et les tiroirs fer­més ! Ne fut-ce qu’un fin filet ! Et quand le cof­fre s’ouvre, il dévoile son tré­sor ! »

L’ombre : « Un graal des pro­fon­deurs ? »

La lumière : « Qui sait ? »

L’ombre : « Et si l’autre par­tie de moi avait rai­son de toi ? Qu’un ébou­le­ment t’ens­ve­lis­sait dans le néant ? »

La lumière : « Je recu­le­rai aus­si­tôt ! Et je puis pas­ser une éter­nité dans l’obs­cu­rité, je ne m’étein­drai pas pour autant ! »

L’ombre : « En atten­dant, tu peux te faire per­ver­tir ! »

La lumière : « Ce n’est pas parce qu’on trempe les mains dans la matière qu’elles ne peu­vent s’en défaire ! Et puis on verra ! »

L’ombre : « Et si ta nature était plu­tôt de nour­rir les fleurs, les sens de l’essence, et non de te préoc­cu­per des pro­fon­deurs, ten­tant de cher­cher par delà de ce qui en est vide et res­tera sté­rile ? »

La lumière ! « On verra ! »

L’ombre : « Peut-être pas ! Qui sait ? »

La lumière : « Ah ! Je vois… »

L’ombre : « Je ne vois rien ?!! »

La lumière : « Jus­te­ment ! »

Ombre et lumière dan­sè­rent près d’une graine tapie dans l’obs­cu­rité, puis la lumière par­tit creu­ser le ciel, l’ombre accro­chée au fil tissé sous terre, né de la danse, lais­sant la graine à son aire.

© Pas­cal Lama­chère

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