Blog littéraire, artistique de Pascal Lamachère

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche, août 14 2016

Histoire d'amour, d'humanité, d'idéal, message par l'art-philo-poésie et cætera


dessin de coeur avec la terre



Bron­zés, argen­tés, dorés ! : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/08/bron­zes-argen­tes-dores/



Points de vue sur l’amour, l’idéal, l’huma­nité, le sys­tème, le mes­sage par l’art et cætera :

* Et si on appre­nait à aimer ? : http://www.rts.ch/play/radio/philo-in-vivo/audio/et-si-on-appre­nait-a-aimer?id=7823151

* Fran­cis Cou­sin : débat-réflexion sur le poly­amour, l’amour et le sys­tème : https://www.you­tube.com/watch?v=rMBh9z2MdB8

* “Voie de l’amour” un docu­men­taire de Branko Stan­ko­vić : https://vimeo.com/91534976

Pré­sen­ta­tion : « L’his­toire du moine Ambroise devenu ami de la louve Alfa et d’autres ani­maux sau­va­ges. »

* Vivre en Yourte, un che­min de Liberté : https://www.you­tube.com/watch?v=djZm7gDd_WI

Pré­sen­ta­tion : « Il était une fois une femme rêvant de liberté, qui décida de tout quit­ter pour vivre sim­ple­ment sous une tente fabri­quée de ses mains. Syl­vie Barbe est la pre­mière femme en France à avoir vécu dans une your­tes. Défri­cheuse d’un mode de vie sobre et auto­nome elle nous parle dans ce film de son bon­heur d’avoir réussi à incar­ner son rêve d’inté­grité et de cohé­rence. Elle témoi­gne de son expé­rience et nous dévoile com­ment la yourte peut sau­ver du déses­poir et res­tau­rer la dignité. On décou­vre com­ment on peut vivre dans une grande sim­pli­cité, en ne con­som­mant que des éner­gies auto­no­mes et renou­ve­la­bles, dans un grand res­pect de la nature, sans coo­pé­ra­tion avec le con­su­mé­risme et en inté­grant au quo­ti­dien la poé­sie dans sa vie. Elle nous parle de sa soli­tude, de son exi­gence, de sa ren­con­tre avec elle même, de son droit à la colère. C’est ainsi qu’un che­min vers l’éveil s’est tracé. »

* Human : VOL.1 sur les thè­mes de l’amour, des fem­mes, du tra­vail et de la pau­vreté : https://youtu.be/FLqft-ICVQo

Pré­sen­ta­tion de la tri­lo­gie : « Qu’est-ce qui nous rend humains ? Est-ce le fait d’aimer, est-ce le fait de lut­ter ? Le fait de rire ? De pleu­rer ? Notre curio­sité ? Notre quête de décou­ver­tes ?

Poussé par ces ques­tions, le réa­li­sa­teur et pho­to­gra­phe Yann Arthus-Ber­trand a passé trois années à col­lec­ter les his­toi­res de 2 000 fem­mes et hom­mes dans 60 pays. Avec son équipe pas­sion­née de tra­duc­teurs, jour­na­lis­tes et came­ra­men, Yann a cap­turé en pro­fon­deur les émo­tions et les sujets qui nous unis­sent tous : les lut­tes con­tre la pau­vreté, la guerre, l’homo­pho­bie et le futur de notre pla­nète, mêlées à des moments d’amour et de bon­heur. »

* Les ori­gi­nes de la vio­lence humaine : https://www.you­tube.com/watch?v=2rm­qA9a­jdl4&index=13&list=PL9C4E9847954BBFF4

* Albert Jac­quard – Réflexion sur le com­por­te­ment humain : https://www.you­tube.com/watch?v=JwP­GoMHfG6w&index=27&list=PL9C4E9847954BBFF4

* Plai­doyer pour l’altruisme : https://www.you­tube.com/watch?v=0Y5FMXHvXp8

Pré­sen­ta­tion : « Mat­thieu Ricard aborde d’une façon remar­qua­ble les notions d’altruisme, d’amour et de com­pas­sion. Ses nom­breux tra­vaux avec le monde scien­ti­fi­que (Mind­ful­ness) lui per­met­tent de nous faire part d’une mul­ti­tude d’anec­do­tes d’une grande puis­sance ! »

* « Vers un monde altruiste ? » : http://www.fran­ce­cul­ture.fr/emis­sions/le-monde-selon-caro­line-elia­cheff/vers-un-monde-altruiste

Intro­duc­tion : « Il ne faut pas déses­pé­rer des êtres humains quand les neu­ros­cien­ces démon­trent que l’empa­thie – qui ne se réduit pas à la capa­cité à se met­tre à la place d’autrui et l’altruisme - cette pro­pen­sion désin­té­res­sée à se con­sa­crer aux autres – ont des bases bio­lo­gi­ques uni­ver­sel­les. Dans les labo­ra­toi­res amé­ri­cains et alle­mands où les réa­li­sa­teurs ont enquêté, les cher­cheurs met­tent expé­ri­men­ta­le­ment en évi­dence que des enfants très jeu­nes, des grands sin­ges mais aussi des sou­ris ont spon­ta­né­ment des com­por­te­ments d’entraide non asso­ciés à une récom­pense. On voit notam­ment des bébés à par­tir de l’âge de trois mois à qui on pré­sente une petit spec­ta­cle de marion­net­tes met­tant en scène un ours en pelu­che aidant un con­gé­nère en dif­fi­culté et un autre disons plus méchant, choi­sir de gar­der l’ours coo­pé­rant. Cette com­pré­hen­sion morale élé­men­taire, s’il s’agit de cela, mérite de révi­ser ce qu’on croit savoir sur le psy­chisme des tout-petits et même d’enfants de 18 mois : ceux-ci arrê­tent de jouer pour aider un adulte à ramas­ser le crayon qu’il a laissé tom­ber sans en avoir la moin­dre gra­ti­fi­ca­tion. Qui plus est, en pour­sui­vant l’expé­rience avec deux grou­pes dis­tincts, ceux qui ont reçu une gra­ti­fi­ca­tion pour cet acte altruiste finis­sent par aider moins que les autres ! Les psy­cha­na­lys­tes sont tou­jours con­tents quand les neu­ro­cher­cheurs appor­tent la preuve scien­ti­fi­que de ce qu’ils ont cons­taté à savoir qu’un enfant, aussi jeune soit-il est capa­ble, avec les moyens dont il dis­pose, de pren­dre en charge celui dont il per­çoit la détresse sans rien atten­dre en retour. Une autre expé­rience fait réflé­chir sur ce qui serait un trait fon­da­men­tal de la nature humaine : elle mon­tre que très pré­co­ce­ment, les enfants divi­sent le monde entre ceux qui sont « comme eux » et qu’ils pré­fè­rent et ceux qui sont dif­fé­rents d’eux et qu’ils excluent. »

L’intro du docu­men­taire : https://www.you­tube.com/watch?v=PbgXAc­BA­bic

* Sur l’Eloge de la fuite, ou la ques­tion des stra­té­gies de domi­na­tion : http://www.arti­cle11.info/?Sur-l-Eloge-de-la-fuite-ou-la

Extrait du début : « Le sys­tème ner­veux. Cette chose com­mune à tous les ani­maux, leur per­met­tant - avant tout - de sur­vi­vre. Et qui, si on suit la théo­rie scien­ti­fi­que de L’éloge de la fuite, nous guide incons­ciem­ment dans cha­cune de nos actions. Rend pos­si­ble tou­tes les stra­té­gies de domi­na­tion, matrice essen­tielle de com­pré­hen­sion de notre orga­ni­sa­tion éco­no­mi­que et sociale, du sys­tème poli­ti­que et de la société de con­som­ma­tion.

Le sys­tème ner­veux, base d’une domi­na­tion omni­pré­sente

Chi­rur­gien, bio­lo­giste, spé­cia­liste du sys­tème ner­veux, inven­teur de dro­gues psy­cho­tro­pes, phi­lo­so­phe « vul­ga­ri­sa­teur » des neu­ros­cien­ces… Mul­ti­dis­ci­pli­naire, Henri Labo­rit a su mon­trer une rare capa­cité d’extra­po­la­tion de sa for­ma­tion scien­ti­fi­que afin de faire émer­ger une matrice de com­pré­hen­sion des com­por­te­ments ani­maux et humains plus per­for­mante. Il fut le pre­mier à expri­mer l’idée que le sys­tème ner­veux peut être res­pon­sa­ble de tous nos actes, mais aussi, par­tant, du sys­tème de domi­na­tion sociale. Et à cons­truire toute une phi­lo­so­phie autour, fai­sant ainsi des liens uni­ques entre bio­lo­gie ani­male et orga­ni­sa­tion sociale. »

* Cul­ture en Déclin - Epi­sode 3 - TCV : Trou­ble de la Con­som­ma­tion-Vanité (vostfr, sous-titres peu­vent être à acti­ver) :



* Con­fé­rence sur la démo­cra­tie, la poli­ti­que - Avec l’asso­cia­tion Arti­cle 3 : https://www.you­tube.com/watch?v=aI9­Ta­GIv­ceI&index=34&list=PL9C4E9847954BBFF4

* « Le com­bat ani­ma­lier est frère des com­bats d’éman­ci­pa­tion et de libé­ra­tion » : http://www.revue-bal­last.fr/aure­lien-bar­rau/

Intro­duc­tion : « L’anthro­po­lo­gue Claude Lévi-Strauss esti­mait que « l’homme a res­serré trop près de lui-même les fron­tiè­res de son huma­nité ». À ne plus appré­hen­der le monde qui nous entoure autre­ment que par ce que nous pou­vons y pren­dre, nous n’avons de cesse de surex­ploi­ter le milieu natu­rel et de mena­cer sa capa­cité de régé­né­ra­tion. Auré­lien Bar­rau, astro­phy­si­cien, cher­cheur et auteur de l’essai Des uni­vers mul­ti­ples, est de ceux qui regar­dent avec la même pas­sion le très loin­tain — des trous noirs à la gra­vité quan­ti­que — comme ce que, juste à nos côtés, nous refu­sons trop sou­vent de voir : le sort infligé aux ani­maux afin qu’ils puis­sent réga­ler nos assiet­tes. C’est sur ce der­nier sujet, très pré­ci­sé­ment, que nous avons tenu à l’inter­ro­ger. »

* The Dream - Le rêve : https://www.you­tube.com/watch?v=vhExh­rht0es&index=20&list=PL9C4E9847954BBFF4

Tra­duc­tion : https://www.face­book.com/des­points­de­vue/posts/1358255937522791

“Ceci est une ode à la liberté.
Écoute le son qu’elle fait.”

* Le mes­sage par l’art-philo :

- Bron­zés, argen­tés, dorés ! : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/08/bron­zes-argen­tes-dores/
- Notre degré de bêtise : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/08/degre-de-betise/
- La ten­ta­tion : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/07/la-ten­ta­tion/
- Le bobo : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/06/le-bobo/
- L’ombre et la lumière : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/06/lom­bre-et-la-lumiere/
- Agapé : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/03/agape/
- Let­tre d’un zom­bie : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/03/let­tre-dun-zom­bie/
- Mon Saint-Valen­tin : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/02/mon-saint-valen­tin/
- Je suis la femme de ton pro­chain : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2016/01/je-suis-la-femme-de-ton-pro­chain/
- LUCIA : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2015/05/lucia/
- Le pou­voir de l’ivresse : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2015/10/le-pou­voir-de-livresse/
- Les lourds et l’Amour : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2015/06/les-lourds-et-lamour/
- Orient Express : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2015/03/orient-express/
- Segunda : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2015/03/segunda/
- Dans la peau de Shé­hé­ra­zade : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2015/03/dans-la-peau-de-she­he­ra­zade/
- Rumî : le par­fum de Dieu : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/10/rumi-par­fum-dieu/
- Djurd­jura : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/09/djurd­jura/
- Compte avec moi ! : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/09/compte/
- Étin­celle : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/04/etin­celle/
- Rabia Al Ada­wia : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/02/rabia-al-ada­wia/
- La femme et son dou­ble : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/12/la-femme-et-son-dou­ble/
- La mort de Bau­de­laire : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/11/la-mort-de-bau­de­laire/
- De fleurs en pleurs… : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/02/de-fleurs-en-pleurs/
- Oui à la vie : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/02/oui-la-vie/
- Le petit raciste : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/04/petit-raciste/
- Inti­mité : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/02/inti­mite/
- C’est selon… Oum Kal­thoum : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/03/cest-selon-oum-kal­thoum/
- La femme est un surhomme : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/01/la-femme-est-un-surhomme/
- Pro­po­si­tion indé­cente : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/08/pro­po­si­tion-inde­cente/
- Ainsi parla la femme… : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/10/la-fille-dalexan­drie/
- En Phase ! : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/10/en-phase/
- Mariage pour Per­sonne : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/08/mariage-pour-per­sonne/
- Dio­time : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/07/dio­time/
- Le Bon Quai -1- Phè­dre : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/07/le-bon-quai-1-phe­dre/
- Ainsi soit-elle ! : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/06/ainsi-soit-elle/
- Ma muse Kal­thoum : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/04/muse-kal­thoum/
- Ima­gine mes ori­gi­nes : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/04/ima­gine-mes-ori­gi­nes/
- Des­tin Animé : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/01/des­tin-anime/
- Ma part d’ombre : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2012/07/ma-part-dom­bre/
- Psy-cause : Viva la muerte ! : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/03/viva-la-muerte/
- s aime s : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2012/09/s-aime-s/
- Rock-Sun : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2012/05/rock-sun/
- Les poè­tes sont men­teurs : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2012/05/les-poe­tes-sont-men­teurs/
- Mou­ve­ment vers quelqu’un : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2012/01/mou­ve­ment-vers-quel­quun/
- Prière : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2011/09/priere/
- Le séisme des coeurs : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2011/03/seisme/
- Atamé : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2012/03/atame/
- Sans Valen­tin : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2012/02/sans-valen­tin/

D’autres vidéos à voir sur : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com

Chaîne you­tube : http://www.you­tube.com/user/lejour­nal­de­per­sonne

Per­sonne s’auto­pro­dui­sant, elle ne peut comp­ter que sur notre sou­tien, le sou­tien des inter­nau­tes. Alors si vous en avez l’élan, pour la sou­te­nir, vous pou­vez deve­nir copro­duc­teur dona­teur (com­prend lien d’accès à la page où vous pour­rez voir le film) du film “Le pro­cès d’un pro­cès” : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/cam­pa­gne-de-sou­tien-film-pro­ces-dun-pro­ces/

ou pas­ser par la case “Cam­pa­gne de sou­tien pour les films et le jour­nal de Per­sonne” : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/cam­pa­gne-de-sou­tien-films-jour­nal-de-per­sonne/

Bonne semaine,
@ pelu­che,
Pas­cal


/ Le jour­nal de Per­sonne /PRES­CRIP­TEUR


mercredi, octobre 22 2014

Rumî : le parfum de Dieu et Le bon, la brute et le truand


Rumî : le par­fum de Dieu




Rumî : le par­fum de Dieu : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/10/rumi-par­fum-dieu/

Près du jar­din, s’enten­dent les bat­te­ments de lumière,
Résonne le chant de la terre au ciel.
Le temps passe, mais il est un feu que rien n’altère
Tel un guet gravé sur et sous l’oriel.

Dans le jar­din, ger­mes, sur le ter­reau de cen­dres et de sang,
Entre­te­nus par les mur­mu­res et les ins­pi­ra­tions,
S’épa­nouis­sent et embau­ment aux pieds des élans,
Autour de la fra­grance éter­nelle de la créa­tion.

Dans l’un, dénudé au cœur du voile des mains divi­nes,
La cons­cience s’abreuve, évite de s’assou­pir.
Près des péta­les et bran­ches qui se des­si­nent,
L’amour danse, se repose, reprend, vit sans vieillir.


Le bon, la brute et le truand




Le bon, la brute et le truand : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/10/bon-brute-truand/

I have a dream

Je suis mous­saillon sur un bateau qui vient de pas­ser sous un fanion estam­pillé France, infor­mant du nom des eaux navi­guées. A la roue du gou­ver­nail, une capi­taine expé­ri­men­tée qui avait déjà bravé les dan­gers de tou­tes les mers de la pla­nète bleue, et une gar­dienne à ses côtés trans­met­tant les ordres ou sug­ges­tions, en fonc­tion des situa­tions. Devant nous, d’autres bateaux, plus ou moins grands, plus ou moins petits, cer­tains pro­ches d’une bar­que. Tous voi­les ouver­tes en direc­tion d’un trône géant qui doit être bien ancré au fond des eaux, car il ne bouge pas, est sem­bla­ble à une drôle d’île, pen­dant que nous som­mes caho­tés.

Lors­que je regarde le garde man­ger des embar­ca­tions pro­ches, je cons­tate qu’il reste sur­tout des ton­neaux d’eau, comme sur le nôtre. Bien que décon­seillé sur ce ter­ri­toire marin par une men­tion sur un ban­deau tour­nant dans le ciel, du fait de la pré­sence de piran­has, cer­tains ont sorti les can­nes. Il ne faut quel­ques vagues avant qu’ils ne se fas­sent man­ger les lignes, pour les plus chan­ceux.

Sou­dain, je réa­lise qu’il y a trois géants verts sur un ton­neau gigan­tes­que, flot­tant près du trône, à sa droite. Deux essayent de le secouer, de le tirer vers eux, d’une main, leur autre main tenant un drôle de mono­cu­laire pointé dans plus ou moins tou­tes les direc­tions. La troi­sième géante sem­ble se con­sa­crer à l’obser­va­tion, si ce n’est quel­ques chants et sa signa­ture qu’elle pose de temps en temps sur des par­che­mins volants, et…

Après un flot­te­ment, un des deux géants verts qui secouaient le trône, saute dans l’eau, cher­che à tout faire virer sur la droite, quitte à faire cha­vi­rer. Comme si entre deux temps, le temps s’est sus­pendu, se dévoile un étrange dis­po­si­tif, de fils plus ou moins épais et de tuyaux, invi­si­ble jus­que là dans l’écou­le­ment du flux, qui s’est relié à tous les bateaux sans qu’ils aient pu y pren­dre garde, aux ton­neaux et aux vivres, aux cof­fres, aux marins, aux géants, au trône, à l’inté­rieur ? jusqu’à un étrange nuage au-des­sus ? Ou c’est le nuage qui est relié au trône ? Dif­fi­cile de savoir. Par con­tre, les habi­tants de l’île du trône n’ont pas trop l’air de s’inquié­ter de tous les remous : ils siro­tent tran­quille­ment ce qui s’écoule du dis­po­si­tif.

Lors­que je me tourne vers la capi­taine pour l’aver­tir du dan­ger, je réa­lise qu’il n’y a aucun fil, qu’elle a déjà dû les cou­per sans que j’y prenne garde, du fait de son épée sor­tie, dans une main, l’autre sur la roue, son cha­peau relevé, mon­trant son visage légè­re­ment sou­riant et ses yeux scru­tant la scène. Mais son front se plisse, lais­sant trans­pa­raî­tre une inquié­tude, les géants verts se fai­sant de plus en plus agi­tés, avec des dorés qui ont pointé le bout de leur nez. Face à la menace, elle fait un signe de la main, fait tour­ner la roue, puis la gar­dienne demande à tous d’aller à bâbord, sûre­ment dans l’objec­tif de ten­ter de ne pas se faire hap­per, d’évi­ter que l’on ne pen­che de trop, que le gou­ver­nail puisse res­ter opé­ra­tion­nel. Pen­dant que nous nous exé­cu­tons, je vois les bar­ques les plus peti­tes, mis à part cel­les que des bateaux ont accro­ché à leur proue, cha­vi­rer et tom­ber dans le tour­billon des géants dorés, cer­tains le fai­sant déli­bé­ré­ment, pen­sant évi­ter le pire, ren­for­çant visi­ble­ment ainsi les for­ces des dorés.
Bra­vant le dan­ger, la capi­taine s’élance alors vers l’avant et lance son épée tel un boo­me­rang, en vue de cou­per les fils. Nous som­mes plu­sieurs à sui­vre, à essayer de faire de même, cer­tains le fai­sant en réci­tant des priè­res. En réponse, divers géants que je n’avais pas encore vus se met­tent à agi­ter des sor­tes de télés, des livres, papiers, cla­viers, pour un effet d’éven­tail, dévier les armes, ten­ter de faire taire, con­trer nos mots à l’atten­tion des autres bateaux.

Tout d’un coup, un oiseau dans le ciel, un éclair bleu-blanc-rouge et en fin vio­let, et tout s’apaise.

© Pas­­cal Lama­­chère

* * * * * * *

D’autres vidéos de Per­sonne à appré­cier sur Le jour­nal de Per­sonne : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com

A lire et signer :
Pour la sou­ve­rai­neté du peu­ple, con­tre la sou­ve­rai­neté du capi­tal : http://www.m6r.fr/2014/10/sou­ve­rai­nete-du-peu­ple-con­tre-sou­ve­rai­nete-du-capi­tal/



/ JdP /PRES­CRIP­TEUR

jeudi, juin 17 2010

Roman à suivre 'Les pages déchirées' - Suite 7 (partie 8)





Greendle est dere­chef sub­mergé par une émo­tion para­ly­sante. Le nain infer­nal tré­pi­gne, se met ensuite à cou­rir autour, comme s’il vou­lait jouer avec sa poten­tielle proie, crée des volu­tes de fumée, se rap­pro­che petit à petit, un air de plus en plus féroce. Le rêveur se con­cen­tre et…

- And ?… Même pas peur ! lance-t-il, sur un ton faus­se­ment mali­cieux, tout en don­nant un coup de pied en direc­tion de l’assaillant.

- Oh oh oh ! You’re game over ! Assène le dia­blo­tin, qui l’évite sans mal.

Mal­gré l’annonce pro­phé­ti­que de fin immi­nente, l’humain se met en posi­tion de boxeur, prêt à com­bat­tre… mais fuit, le bat­te­ment de coeur sui­vant, prend les jam­bes à son cou, pres­que lit­té­ra­le­ment, le bras gau­che tendu en arrière, la paume face à l’adver­saire, comme s’il pou­vait ainsi le stop­per, le gar­der à dis­tance.

- Par la lumière lumi­neuse, que tu sois ren­voyé dans les lim­bes, démon… Par la lumière lumi­neuse…

Le malin, qui avait ricané à la vue de la drôle de posi­tion guer­rière de l’apprenti boxeur, rugit à ces mots et se rue sur le fuyard. Arrivé à por­tée d’action, il émet des gro­gne­ments, sans tou­te­fois atta­quer, sans jouer de sa four­che, recu­lant même.


Un flash imma­culé plus tard… Greendle cli­gnait des yeux. Il lui sem­bla enten­dre un gro­gne­ment, un écho réel à l’irréel. L’anglais se retourna sur le côté, la tête vers les volets. Vu l’absence de lumière natu­relle dans leurs com­mis­su­res, il se dit qu’il pou­vait se ren­dor­mir et referma les yeux. Trou­blé par le cau­che­mar, il resta néan­moins un bon quart d’heure à les gar­der clos mais son esprit éveillé, se ras­sé­ré­nant, cher­chant la paix. Avant de glis­ser vers le repos, il riait pres­que, à la remé­mo­ra­tion de sa pseudo incan­ta­tion.

- Par la lumière lumi­neuse ? N’importe quoi… se repro­cha Greendle.

… Lors­que Mozart, par radio­ré­veil inter­posé, le rap­pela dans sa cham­bre et à ses impé­ra­tifs humains, gri-gri avait pres­que oublié le rêve étrange avec le dia­blo­tin. Un autre avait pris la place. Mais au moment de tout écrire, sur la table à man­ger, une tasse de thé et des oeufs au bacon à droite de son cale­pin à rêves, de la seconde salve d’esca­pa­des dans l’uni­vers impal­pa­ble, le réveillé ne retint que deux phra­ses, pro­non­cées à la fin - « Je vais pren­dre ces deux livres » et « des ciseaux, il me faut des ciseaux, vite ! » -, et un vague décor d’appar­te­ment chic, un esca­lier, une per­sonne croi­sée, du moins lui sem­bla-t-il. En ten­tant de tout revi­si­ter, dans sa phase intros­pec­tive, son pre­mier rêve lui revint comme une vague se refor­mant après s’être échouée et empor­tant au large avec un force accrue, comme un coup de poing dans un ven­tre ramolli par trop de con­fiance, dénué de réflexes, comme une balle reti­rée en élar­gis­sant le trou dans la chair, comme… Bref, il se sou­vint du rêve et se sen­tit plus trou­blé qu’il ne l’avait été pen­dant et juste après l’avoir vécu. Le pud­ding exporté secoua la tête, posa sa plume, but quel­ques gor­gées de thé, se sus­tenta puis alla médi­ter un bout, à la fenê­tre.

Greendle porta son regard sur les fenê­tres des bâti­ments voi­sins, sur les pas­sants, sur les voi­tu­res… et enfin sur le ciel grisé de nua­ges. En les zyeu­tant, quel­ques vers vin­rent natu­rel­le­ment se for­mer dans son esprit, et il en vint à une con­clu­sion : le rêve avait réveillé l’écor­ché vif qui som­no­lait en lui. Il res­sen­tit le besoin, l’envie d’éva­cuer, de se lais­ser aller sur le papier, dans une écri­ture quasi auto­ma­ti­que. Il alluma son ordi­na­teur, mit le cd Dan­ge­rous de Michael Jack­son et reprit la plume. Après avoir encré le cahier à rêves de la source de son trou­ble, il gratta des pages d’un autre, plus grand et plus volu­mi­neux, con­sa­cré au scri­bouillage d’his­toi­res pen­sées dans la jour­née, hors du lit, hors de Mor­phée.

[…] Je regarde,
Des yeux clos du béton
S’ouvrir à une nou­velle aube ;
Des flam­mes d’autres, déjà éveillés,
Par­cou­rir le che­min de la vie.

Je regarde,
Le cours passé ;
Du temps où j’errais dans la brume,
Entre ombre et lumière,
En lévi­ta­tion,
À mi-che­min des abî­mes et de la terre.

Je regarde,
Le côté du fleuve où je regar­dais…
Le cris­tal de mes pen­sées,
Le froid causé par l’absence de soleil,
Les étoi­les filan­tes qui m’ont pres­que fait cha­vi­rer ;
Dos à la source du Hors Temps.

Je regarde,
Les four­mis moto­ri­sées,
Sous les nua­ges qui nous entou­rent ;
Som­bres nuées,
Des mon­ta­gnes s’élè­vent,
Aci­des,
Les tri­pes m’en tom­bent.

Je regarde,
Une décen­nie d’hor­reurs et de mer­veilles,
De dou­leurs et de dou­ceurs,
De tou­tes les cou­leurs,
L’arc-en-ciel de l’His­toire,
D’aven­tu­res humai­nes
Lumi­neu­ses et obs­cu­res ;
Monde ren­ver­sant,
Comme la tête en bas d’un nou­veau né,
Cruel ou doux, sui­vant l’étoile
Et la bulle pro­tec­trice
Qui s’immisce.

Je regarde,
Ce monde rem­plit d’injus­ti­ces
Qui me font sup­plice ;
Le malin qui assaille,
Se gausse,
Tente de per­cer
Avec sa noir­ceur,
Reste l’espoir bridé.

Je regarde,
Des yeux clos du béton
S’ouvrir à une nou­velle aube ;
Des flam­mes d’autres, déjà éveillés,
Par­cou­rir le che­min de la vie.

Je regarde
La mélo­die divine rico­cher sur les astres,
S’épan­dre vers les sans armure,
Vers la rive des mon­des incar­nés et désin­car­nés ;
Je regarde
Le coeur qui bat la cha­made,
L’ombre s’enfuir…
Et la lumière fut ?
Et la lumière fut…

[…]


Lorsqu’il eut fini, le poète hésita à déchi­rer les pages qu’il venait de noir­cir. Un peu par insa­tis­fac­tion, un peu parce qu’il vou­lait lais­ser s’envo­ler, sym­bo­li­que­ment, les ondes cap­tu­rées, un peu… parce qu’il ne savait trop pour­quoi, il sen­tait que c’était dans l’élan, la suite logi­que. Mais il n’en fit rien. Ses pen­sées se tour­nè­rent vers Liloo, il hési­tait à lui envoyer. L’anglais avait peur qu’elle le juge mal, mal­gré la con­fiance qu’il avait en elle. Il regarda l’heure. Il n’avait plus trop le temps de lui écrire le texte poé­ti­que, ni de lui faire part de la bonne nou­velle sur le con­cert. Il lui écri­rait le soir venu…

Entre cet ins­tant et celui où il se trouva à rédi­ger le mail à des­ti­na­tion de son amie, dans la pénom­bre d’un crois­sant de lune, Greendle eut une jour­née trou­blante, dans la con­ti­nuité de son intros­pec­tion amor­cée au réveil…

Peu après avoir quitté son appar­te­ment, en déam­bu­lant dans les rues tou­lou­sai­nes gri­sées par le ciel, sur le che­min des locaux du jour­nal où il devait récu­pé­rer et/ou sou­met­tre une liste de sug­ges­tions d’arti­cles, au moment où il passa devant une librai­rie, l’éveillé enten­dit :

- Je vais pren­dre ces deux livres, annonça un client, la cin­quan­taine, cau­ca­sien, barbu…

Gri-gri n’avait pas trop fait atten­tion à l’appa­rence du mon­sieur, une des deux phra­ses de fin de réveil s’étant rap­pe­lée à lui. Encore une his­toire de syn­chro­ni­cité ? Il se dit que ça com­men­çait à faire beau­coup en deux jours, et poussa un peu plus loin sa réflexion de la veille. Lorsqu’il fut arrivé à des­ti­na­tion, du moins la pre­mière, le pen­seur en était arrivé à ceci : si la phrase enten­due est une phrase qui peut être con­si­dé­rée récur­rente, que l’on peut l’enten­dre plu­sieurs fois dans un mois, pour peu qu’on soit ama­teur de livres, le fait qu’il en ait rêvé et l’ait enten­due peu après, n’est pas ano­din, ce n’est peut être pas qu’une coïn­ci­dence ; il ne s’agit pas d’une pro­phé­tie auto­réa­li­sa­trice, il n’a aucu­ne­ment été influencé, pro­vo­qué cette situa­tion parce que rêvée ; cela n’a pas tel­le­ment de sens en l’état, aucune uti­lité, il lui fau­drait d’autres preu­ves, plus de matière pour tirer une con­clu­sion. Il allait être servi.

Le ciel s’était éclairci, une légère brise chaude prin­ta­nière taqui­nait ses che­veux, quand notre pho­to­gra­phe-repor­ter arriva à sa deuxième des­ti­na­tion, un immeu­ble, à proxi­mité du croi­se­ment de la rue du Fau­bourg Bon­ne­foy et de l’ave­nue de Lavaur. Greendle s’était vu con­fier un arti­cle de fond sur un homi­cide, qui avait eu lieu la veille, en fin de soi­rée : il devait inter­vie­wer, enquê­ter, pren­dre des pho­tos… Après avoir réussi à obte­nir le droit d’entrer, quand il mit les pieds dans la demeure en bri­ques roses, posa son regard sur l’esca­lier, le réveillé eut un flash, eut l’impres­sion de vivre la scène dont il avait rêvé. Cela le tour­ne­boula quel­que peu et il fit à nou­veau mar­cher son pud­ding gris, ses neu­ro­nes : il n’a pas choisi cette des­ti­na­tion, ne pou­vait savoir qu’il y met­trait les pieds, donc là aussi, il ne l’a pas pro­vo­qué ; mais là, si le stan­ding du lieu peut cor­res­pon­dre, ce dont il s’est sou­venu du rêve est trop vague, et encore plus là où il peut se lais­ser pren­dre à le modi­fier, il peut ainsi se faire avoir par l’effet Bar­num.

Pen­dant sa réflexion, Greendle avait com­mencé à mon­ter. Lorsqu’il croisa un habi­tant de l’immeu­ble, il sor­tit de ses pen­sées, le salua et tenta une appro­che, pour une inter­view, tâter le ter­rain. Le con­tact passa bien avec Char­les, fraî­che­ment retraité, un béret sur la tête, des che­veux gri­son­nant en dépas­sant, la peau ridée comme les gens de son âge… Il obtint son sésame pour ren­con­trer d’autres rési­dants. Au moment de pren­dre congé, il enten­dit, venant du palier de l’étage du des­sus, une phrase qui para­cheva le trou­ble ini­tié au cours de la mati­née.

- Des ciseaux, il me faut des ciseaux, vite ! Char­les…, sup­plia pres­que une femme d’âge mur, la voix che­vro­tante.

Le pud­ding retourné devint livide, vacilla, posa sa main sur la ram­barde pour réta­blir l’équi­li­bre, faire arrê­ter de tan­guer les murs. Greendle en avait inquiété son inter­lo­cu­teur, qui s’enquit de sa santé. Après un « Tout va bien ! Juste un man­que de som­meil… », Char­les alla voir ce que lui vou­lait sa femme. Gri-gri ne tarda pas à retrou­ver tota­le­ment ses esprits, quoi­que ses neu­ro­nes com­men­çaient dere­chef à s’acti­ver avec un peu trop de vigueur. Il prit une grande ins­pi­ra­tion, expira le len­te­ment, et tenta de pen­ser à autre chose, de les détour­ner vers son enquête, son arti­cle, ce qu’il réus­sit, jusqu’à ce qu’il croise à nou­veau son pre­mier con­tact, en fin de mati­née. Ce der­nier s’informa sur l’avan­cée des inves­ti­ga­tions du repor­ter, eut besoin d’être encore ras­suré, d’enten­dre qu’il allait bien…

Quand Char­les retourna dans son appar­te­ment, Greendle quitta les lieux, vers son repas. En che­min, il ne cessa de repen­ser aux trop nom­breu­ses coïn­ci­den­ces, syn­chro­ni­ci­tés. L’uni­vers vou­lait-il lui envoyer un mes­sage ? Que devait-il en faire, en tirer ? Le signe était-il qu’il pou­vait, devait aider à appor­ter des preu­ves au dos­sier, en plon­geant au plus pro­fond et ten­ter de refor­mer le der­nier rêve de la nuit ? Mais com­ment pein­dre quand on est aveu­gle ? Ne trou­vant de répon­ses, l’anglais se tourna vers son intui­tion. D’édu­ca­tion angli­cane, il ne se sen­tait pas d’appar­te­nance à la con­fes­sion, n’étant pas vrai­ment croyant, plus agnos­ti­que. Mais… il eut un fris­son. Cela le remua de réa­li­ser qu’il tenait sûre­ment là une preuve que la vie est bien plus qu’une his­toire de robots géné­ti­que­ment pro­gram­més, que c’était bien plus qu’une his­toire de rêves et de situa­tions qui se répè­tent, que ce cas dépas­sait cer­tai­ne­ment le cadre de l’effet Bar­num.

L’heure du sou­pir solaire venu, après un après-midi con­sa­cré à la pour­suite de son enquête auprès des poli­ciers et tutti quanti, après un dîner en com­pa­gnie de deux col­lè­gues, de retour chez-lui, Greendle fit quel­ques recher­ches sur le net. Il tomba sur un site caté­go­ri­sant les rêves, et où il était expli­qué que les rêves pré­mo­ni­toi­res, des son­ges véri­di­ques, étaient faits pour nous aider à nous pré­pa­rer à cer­tains évé­ne­ments. Il se con­forta qu’il s’agis­sait bel et bien de ça et con­clut, aux des­crip­tions, que son rêve était de ceux qui seraient ins­pi­rés par l’ange des rêves, Cid­dî­qoûn. Notre sur­feur avait du mal à croire à son exis­tence, mais pour­quoi pas ? Et puis, même s’il ne s’était pas sou­venu de tout, même s’il n’y avait pas trouvé une uti­lité immé­diate, il se dit que son incons­cient avait tra­vaillé pour lui et que cela l’avait peut-être bien aidé, influencé d’une cer­taine manière, que cela avait éveillé sa foi, qu’il y aurait peut-être d’autres réper­cus­sions posi­ti­ves. Cepen­dant, ce qui l’émous­tilla le plus, ce qu’il retint le plus de sa pro­me­nade sur le site en ques­tion, fut l’expli­ca­tion, la théo­rie sur l’ori­gine de ses der­niers cau­che­mars, le fait que ses rêves en rap­port avec la dia­blo­tin pou­vaient être des rêves exu­toi­res, des rêves ins­pi­rés par des djinns ou par le dia­ble et com­pa­gnie, et qu’il ne devait pas y accor­der d’impor­tance, les igno­rer, quand revenu dans l’incarné.

Appro­chant l’ins­tant de la glis­sade vers les rêves, à la lueur du crois­sant lunaire, et de l’écran de son ordi­na­teur, Greendle se sen­tit apaisé, ins­piré. Il reprit son cahier d’his­toi­res, cla­viarda le poème, l’amé­lio­rant au pas­sage, et ajouta un petit mot à l’atten­tion de Liloo. Une fois envoyé, il ferma les volets, et alla se cou­cher… De cette nuit qui sui­vit, bien qu’il eut observé les con­seils du site pour rêver au mieux, chas­ser cer­tains son­ges pou­bel­les, il ne se sou­vint de rien, juste l’impres­sion d’avoir fait de jolis rêves. Tou­te­fois, l’anglais se réveilla d’humeur badine, taquine, la sen­sa­tion d’avoir un esprit malin en lui, d’être légè­re­ment dif­fé­rent, grisé par un humour étrange qui lui donna envie de tout pren­dre à la déri­sion.

à sui­vre / to be con­ti­nued

© Pas­cal Lama­chère – juin 2010


Note : Étant donné les mises à jour spo­ra­di­ques, que je ne sais pas quand je par­ta­ge­rai à nou­veau un texte, pos­te­rai un nou­veau mes­sage, si vous vou­lez être tenu(e) au cou­rant, si vous êtes ins­crit(e) sur Face­book, vous pou­vez uti­li­ser le ser­vice :

(cli­quez sur « Fol­low this blog » puis sur « Fol­low », sur la page qui s’ouvrira)

ou tout sim­ple­ment me faire une demande « d’ami­tié » et y res­ter à « l’écoute » : http://fr-fr.face­book.com/peo­ple/Pas­cal-Lama­chere/1132252801

Sinon, vous pour­rez aussi être averti(e) via twit­ter, cli­quez ici

lundi, septembre 8 2008

Suite 3 chapitre 1 du roman à suivre 'Les pages déchirées' (partie 4)



Greendle se laisse aller un ins­tant, der­rière-lui une autre vague déferle, devant-lui la situa­tion n’est guère plus… pai­si­ble.

A peine réa­lise-t-il la situa­tion qu’il se retrouve dans les étoi­les. Il a l’impres­sion d’être devenu une cons­tel­la­tion.

Non… Sa vue se fait plus claire. Il est sur un sol, une sur­face où une myriade de cons­tel­la­tions de plu­sieurs galaxies sont acco­lées les unes aux autres. Est-il face aux pans de l’uni­vers, sa robe ? Lorsqu’il les lève, les yeux, un ins­tant ébau­bis, se rem­plis­sent d’une légère frayeur.

Des pira­tes de l’espace sont en train de débar­quer sur sa sorte de rive… sabres lasers à la main, der­rière eux des arba­lé­triers fago­tés un peu de la même manière. Des ombres dan­sent au bout de leurs car­reaux, des éclairs fusent de leurs yeux et… leurs cha­peaux lévi­tent au-des­sus de leur tête ? Ou c’est leurs che­veux qui s’héris­sent, cha­cun de leurs sauts d’ani­mal assoiffé de sang qui fait tan­guer ?
Le scri­bouillard se sent comme para­lysé. Il don­ne­rait cher pour tro­quer la plume qu’il… Il a une plume dorée à la main main­te­nant ? Il n’avait rien avant… Greendle ferme les yeux, il ins­pire, expire.

Lorsqu’il rou­vre les yeux, notre rêveur cons­tate la situa­tion cri­ti­que dans laquelle il se trouve : il a le pied droit et la main gau­che enfon­cés dans la terre (enchaî­nés pour l’un à un piquet au niveau du cen­tre du mol­let et pour l’une au niveau du poi­gnet) et le pied gau­che et la main droite comme empê­trés dans une sorte de nuage de pous­sière qui gra­vite à 1 mètre. En face de lui, juste à l’orée du nuage, non loin de la grotte dont l’antre est devenu lumi­neuse, le dia­blo­tin du début de son rêve est entouré de toute la smala armée. Celle-ci sem­ble­rait pres­que sage comme une image à qui on n’aurait pas jeté de sort pour qu’elle vous dévore, et celui-ci sem­ble… il est inquié­tant avec sa bro­chette ten­due vers le coeur de l’anglais qui com­mence à pani­quer, sa tête levée dévoi­lant son air sar­cas­ti­que et des dents jau­nies dans les­quel­les sont venus se ficher quel­ques bouts d’os de corps étran­gers.

- No ! You can’t, i’m in a dream… if i want, i can… amorce Greendle qui secoue tous ses mem­bres.

- You can, but i will come back ! Répli­que sur un ton mena­çant le dia­blo­tin qui n’a pas changé de pos­ture.

Greendle se sent sub­mergé d’un mélange de ter­reur et de défiance. Il ouvre la bou­che comme pour faire défer­ler un flot qui englou­tira la menace, mais elle s’éva­nouit en un bat­te­ment de cils…


La res­pi­ra­tion hale­tante, un arrière goût trou­ble dans la bou­che jusqu’aux tré­fonds de l’esprit, le réveillé avant l’heure pré­vue secoua la tête pour ten­ter de chas­ser les bri­bes, les relents sen­so­riels du cau­che­mar. Il médita dans la fou­lée sur la signi­fi­ca­tion de ce qu’il venait de vivre chez Mor­phée…

A la suite de son orai­son, il se défit du mau­vais rêve jusqu’à la pointe du stylo en se sai­sis­sant de son cale­pin de che­vet et en y ancrant ce dont il se sou­ve­nait.

Le der­nier point mar­qué, le jeune anglais retrouva son flegme. Non­cha­lam­ment, il entre­prit le reste de sa rou­tine d’après réveil…

« Dans le temps,
Bal­lant,
Quand le feu prend la nuit,
La pénom­bre le jour,
Les rêves s’enfuient
Et jouent des vilains tours…
»

Paré pour enta­mer sa mati­née, sur l’écran de son umpc, assis bien au fond de son siège, la tête pen­chée légè­re­ment en avant, il fit défi­ler la liste des mes­sa­ges qui l’atten­daient. Il eut la sur­prise d’en avoir reçu un nou­veau de Liloo. Elle s’inquié­tait de ne pas avoir reçue de réponse de son ami, lui d’habi­tude si prompt à ce faire, et con­fiait son désar­roi à ne pas avoir réussi à écrire un nou­veau poème.

« Chère amie plume d’île, chère Liloo,

Je suis désolé. J’ai savouré ce que tu m’avais envoyé comme un doux nec­tar, mais mes péré­gri­na­tions sur le net avaient un ins­tant englou­tie ma bonne humeur. Ras­sure-toi, c’était une pec­ca­dille.

De même, je pense que le silence de ta muse n’est que l’oeil du cyclone. Un pas sur le côté et tu te retrou­ve­ras de nou­veau sub­mer­gée de ses envo­lées. Non que je mini­mise l’impor­tance d’une jour­née sans écrire, c’est juste que… je pense que plus tu te bra­que­ras sur ton blo­cage, plus il sera impor­tant.

Quoi­que je dois avouer que j’écris ça alors que je ne sais pas trop com­ment te ras­su­rer, que j’ai beau pou­voir théo­ri­ser des solu­tions, il n’en reste pas moins qu’au final c’est un che­mi­ne­ment per­son­nel que tu dois sui­vre. Et de ce côté, je ne sais si j’ai bien fait, le fait est que je n’ai pas réussi à gar­der la verve poé­ti­que qui ani­mait ma plume il y a quel­ques années.

Enfin, si j’avais un vrai con­seil à te don­ner, c’est que si la flamme qui fait ta plume s’envo­ler pour des poè­mes devait s’éva­po­rer, s’assou­pir plu­sieurs jour­nées, tu devrais peut-être voir si avec des his­toi­res ton encre ne coule pas plus faci­le­ment. Bon, j’ima­gine que tu y as déjà pensé, alors euh… En tout cas je suis prêt à t’aider d’une manière ou d’une autre.

Ah, en par­lant de ça, tant que j’y pense, si tu veux on pourra essayer d’écrire en duo ? Par­fois on se trans­cende, on écrit plus faci­le­ment lors­que des plu­mes peu­vent jouer le rôle de gui­bre l’une pour l’autre.

J’espère que tu pour­ras pas­ser une bonne jour­née, que le souf­fle des muses Érato et Cal­liope soit avec toi !

@mi­ca­le­ment,
Gree­gree »

Après un pre­mier cla­viar­dage, Greendle se relut et étoffa plu­sieurs pas­sa­ges. Lors­que assez satis­fait, il envoya son mes­sage, puis s’atta­qua à des cor­res­pon­dan­ces plus solen­nel­les dans le cadre de son tra­vail, écri­vit un bout d’his­toire et con­sulta son compte en ban­que.

Assuré de ce qu’il pou­vait dépen­ser, ou plu­tôt ne pas dépen­ser pour chi­ner la plume vue la veille sur le mar­ché aux puces, notre ama­teur de bro­cante fit le tri dans sa biblio­thè­que en bois d’ébène. Celle-ci s’allon­geait sur tout le mur en face de la fenê­tre de la pièce prin­ci­pale de son appar­te­ment et débor­dait sur celui de gau­che, à côté de son petit bureau. Notre livri­vore en sor­tit les livres de valeur qu’il avait déjà lus, en vue de les ven­dre ou tro­quer. Une fois le pour et le con­tre pesé sur le pin­ce­ment de coeur à l’idée de s’en sépa­rer, il n’y avait plus que trois livres qui avaient quitté le bois pour se retrou­ver dans sa besace.

Greendle eut un sou­rire amusé en ima­gi­nant la pro­ba­ble négo­cia­tion qu’il devrait mener avec Sha­kire Jack­son. Il regarda l’heure affi­chée sur son poi­gnet. Il était 10 h bien enta­mées, il ne fal­lait pas qu’il traîne plus…

« Si, en s’effor­çant de sui­vre le cou­rant, la plume
devient le pro­lon­ge­ment de la lumière d’âme,
Alors le passé et l’ave­nir se com­pri­ment et s’enflam­ment
dans une goutte d’encre qui ancre tout depuis le pos­thume…
»

à sui­vre / to be con­ti­nued - cli­quez ici pour lire la suite et fin du pre­mier cha­pi­tre du roman les pages déchi­rées

© Pas­cal Lama­chère - août-sep­tem­bre 2008

dimanche, février 12 2006

Poème Un bain de rêves


Un bain de rêves

Avec le soleil couchant, les murmures de l’or
Flétrissent, s’évaporent les poids de la journée,
Le bleu du ciel se fond dans la lune, le fort
Céleste guide les fleurs d’étoiles enluminées
Par la lumière de la nuit d’univers, éternelle.

Avec la terre tournant, la dame déploie ailes…
Dans les nuages mouvant, sa danse défie
Les lois de la gravitation, se dessine la fête
Des fées, des muses, des colombes, ravies,
Gravant le chemin des vœux qu’ils reflètent.

Avec la terre tournant, le bal suit son cours…
Bientôt à sa fin, au bord de l’océan où la source
Fuit vers les fleuves à l’envers, avenante
Elle s’offre à l’air, chante, grave, son amour…
Une symphonie qui avec silence fait la course.

Avec la terre tournant, lune devenue filante,
Soupire un murmure harmonieux du couchant,
Les voluptés s’écument, les rivages sombrent,
S’éveillent du rêve… s’alitant dans l’ombre,
Les « créations » lient le songe avec le soleil levant…

~ Pascal Lamachère - Avril 2003 ~