/ JdP /PRES­CRIP­TEUR

Un être mar­chait en bord de mer, à l’heure de la nuit noire. La marée basse allu­mée par le voile de la pol­lu­tion lumi­neuse urbaine et par la dia­phane de l’uni­vers, sem­blait lui dévoi­ler un pay­sage apo­ca­lyp­ti­que. Il n’osa trop s’appro­cher de l’écume, bien que l’envie y était, lorsqu’un étrange éclat cylin­dri­que attira son atten­tion, un éclat de temps en temps recou­vert par les vagues, bou­geant un peu, pas tout à fait ancré dans le sable.

Il con­tem­pla l’objet quel­ques ins­tants, fas­ciné par ce qu’il décou­vrait, comme si il avait devant lui un tré­sor à la valeur indé­fi­nis­sa­ble : une bou­teille à la mer. Ces ins­tants pas­sés, il mit les pieds dans l’eau, la prit aux vagues qui sem­blaient vou­loir encore jouer avec, et s’en alla dans un lieu où il pour­rait lire la let­tre.



http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/03/deux-fois-la-revo­lu­tion/


Une fois fait, il remit la bou­teille à la mer, et en atten­dant de met­tre en appli­ca­tion ce qui y a été écrit, il laissa les muses ver­ser des gout­tes de leur essence à ses oreilles…

Bou­teille à la mer.

Bou­teille à la mer
Lan­cée par volonté de fer,
Che­min vers les autres,
Affron­tera remous qui sont nôtres.

Les pieds dans le sable,
Bou­teille à la mer,
Regard sur l’hori­zon clair,
Le coeur tou­che l’inef­fa­ble.

L’âme sent la terre,
Hume, s’en impré­gne,
Bou­teille à la mer
Sur vagues qui sai­gnent.

Des mots, souf­fles de vies
Cou­chés sur papier de l’ère
Lancé au des­tin, son alchi­mie,
Bou­teille à la mer.

Bou­teille à la mer…

Ne res­tera let­tre morte,
Même si mau­vais sort l’emporte,
Car l’élan ne se perd,
Car son feu ne peut s’étein­dre en mer

Telle une expi­ra­tion dans le vide,
Un baume sur la misère ter­res­tre,
Un pont vers l’inconnu, son être,
Une nappe phréa­ti­que en terre aride

Appelle à dépas­ser ce qui nous intox’,
Nos afflic­tions ; à sor­tir de notre box,
Réu­nir l’indi­ci­ble et le con­cret ;
A ne pas, par vue, se lais­ser décou­ra­ger

A ouvrir la porte à l’incer­ti­tude,
Faire front, être prêt à tou­jours révo­lu­tion­ner,
A affron­ter tout ce qui nous est rude,
A se lais­ser voguer sur ce qui nous est étoilé…


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