Blog littéraire, artistique de Pascal Lamachère

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jeudi, décembre 4 2014

Poèmes, vidéos I am Malcolm X et La mort de Baudelaire du journal de Personne


I am Mal­colm X




I am Mal­colm X : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/12/mal­colm-x/

Un regard sur du monde, des che­mins liés
Sous un ciel cou­vert, dans une trame cen­drée,
Des tom­bes ouver­tes par les faits de l’his­toire
Cau­sent l’écou­le­ment d’une rivière au brû­loir

Au cœur d’un enfant là-bas, d’un autre ici,
Et d’un ailleurs avec son peu­ple dont on fait des droits,
Une graine de pous­sière à peine fleu­rie
Sur les brai­ses de l’huma­nité noir­cie, en proie

Un regard sur du monde, abysse d’une mer,
Fra­grance de l’infini sous l’effet de terre,
Incarne les mots des lin­ceuls sou­mis aux flots,
De souf­fles tom­bés, par­tis sur la voie du cos­mos

Au cœur des sans issue à l’ins­tant déclamé,
Au sort dans les mains de puis­san­ces exté­rieu­res,
Des jours et nuits assom­bris res­tent éle­vés,
Mais l’esprit Mal­colm se dresse à gra­ver les heu­res.


La mort de Bau­de­laire




La mort de Bau­de­laire : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/11/la-mort-de-bau­de­laire/

Un abat de cen­dres tombe par l’embra­sure
Sur le grand bra­sier vif, goutte à goutte.
Se des­sine des roses d’ébène sur les murs,
A cette heure où s’ouvre la soute ;

Le cœur plonge, remonte,
Pareil à la pointe d’une plume,
Suit le rythme des vagues jusqu’à l’écume,
Et là, par une secousse, empreinte l’éponte ;

Ô capi­taine !, le pavillon hissé,
La grande voile sur les vers,
Que la brise du germe de l’uni­vers
Porte la voie mys­té­rieuse ancrée ;

Un abat d’eau tombe par l’embra­sure
Sur les pages tour­nées, goutte à goutte,
Puis se grave l’impal­pa­ble qui s’écoute,
Ténè­bres et rou­geoyants sur la ner­vure.

© Pas­­cal Lama­­chère

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D’autres vidéos de Per­sonne à appré­cier sur Le jour­nal de Per­sonne : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com

Témoi­gnage de Bill Clin­ton devenu quasi végé­ta­lien, péti­tion con­tre le foie gras, recet­tes pour les fêtes, arti­cles sur le soja, con­seils santé, asso­cia­tions ali­men­tai­res etc., vidéos diver­ses com­pi­lées sur l’arti­cle et en com­men­tai­res :
Le chan­ge­ment par l’assiette : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/02/le-chan­ge­ment-par-las­siette-p-lama­chere/

mercredi, octobre 22 2014

Rumî : le parfum de Dieu et Le bon, la brute et le truand


Rumî : le par­fum de Dieu




Rumî : le par­fum de Dieu : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/10/rumi-par­fum-dieu/

Près du jar­din, s’enten­dent les bat­te­ments de lumière,
Résonne le chant de la terre au ciel.
Le temps passe, mais il est un feu que rien n’altère
Tel un guet gravé sur et sous l’oriel.

Dans le jar­din, ger­mes, sur le ter­reau de cen­dres et de sang,
Entre­te­nus par les mur­mu­res et les ins­pi­ra­tions,
S’épa­nouis­sent et embau­ment aux pieds des élans,
Autour de la fra­grance éter­nelle de la créa­tion.

Dans l’un, dénudé au cœur du voile des mains divi­nes,
La cons­cience s’abreuve, évite de s’assou­pir.
Près des péta­les et bran­ches qui se des­si­nent,
L’amour danse, se repose, reprend, vit sans vieillir.


Le bon, la brute et le truand




Le bon, la brute et le truand : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/10/bon-brute-truand/

I have a dream

Je suis mous­saillon sur un bateau qui vient de pas­ser sous un fanion estam­pillé France, infor­mant du nom des eaux navi­guées. A la roue du gou­ver­nail, une capi­taine expé­ri­men­tée qui avait déjà bravé les dan­gers de tou­tes les mers de la pla­nète bleue, et une gar­dienne à ses côtés trans­met­tant les ordres ou sug­ges­tions, en fonc­tion des situa­tions. Devant nous, d’autres bateaux, plus ou moins grands, plus ou moins petits, cer­tains pro­ches d’une bar­que. Tous voi­les ouver­tes en direc­tion d’un trône géant qui doit être bien ancré au fond des eaux, car il ne bouge pas, est sem­bla­ble à une drôle d’île, pen­dant que nous som­mes caho­tés.

Lors­que je regarde le garde man­ger des embar­ca­tions pro­ches, je cons­tate qu’il reste sur­tout des ton­neaux d’eau, comme sur le nôtre. Bien que décon­seillé sur ce ter­ri­toire marin par une men­tion sur un ban­deau tour­nant dans le ciel, du fait de la pré­sence de piran­has, cer­tains ont sorti les can­nes. Il ne faut quel­ques vagues avant qu’ils ne se fas­sent man­ger les lignes, pour les plus chan­ceux.

Sou­dain, je réa­lise qu’il y a trois géants verts sur un ton­neau gigan­tes­que, flot­tant près du trône, à sa droite. Deux essayent de le secouer, de le tirer vers eux, d’une main, leur autre main tenant un drôle de mono­cu­laire pointé dans plus ou moins tou­tes les direc­tions. La troi­sième géante sem­ble se con­sa­crer à l’obser­va­tion, si ce n’est quel­ques chants et sa signa­ture qu’elle pose de temps en temps sur des par­che­mins volants, et…

Après un flot­te­ment, un des deux géants verts qui secouaient le trône, saute dans l’eau, cher­che à tout faire virer sur la droite, quitte à faire cha­vi­rer. Comme si entre deux temps, le temps s’est sus­pendu, se dévoile un étrange dis­po­si­tif, de fils plus ou moins épais et de tuyaux, invi­si­ble jus­que là dans l’écou­le­ment du flux, qui s’est relié à tous les bateaux sans qu’ils aient pu y pren­dre garde, aux ton­neaux et aux vivres, aux cof­fres, aux marins, aux géants, au trône, à l’inté­rieur ? jusqu’à un étrange nuage au-des­sus ? Ou c’est le nuage qui est relié au trône ? Dif­fi­cile de savoir. Par con­tre, les habi­tants de l’île du trône n’ont pas trop l’air de s’inquié­ter de tous les remous : ils siro­tent tran­quille­ment ce qui s’écoule du dis­po­si­tif.

Lors­que je me tourne vers la capi­taine pour l’aver­tir du dan­ger, je réa­lise qu’il n’y a aucun fil, qu’elle a déjà dû les cou­per sans que j’y prenne garde, du fait de son épée sor­tie, dans une main, l’autre sur la roue, son cha­peau relevé, mon­trant son visage légè­re­ment sou­riant et ses yeux scru­tant la scène. Mais son front se plisse, lais­sant trans­pa­raî­tre une inquié­tude, les géants verts se fai­sant de plus en plus agi­tés, avec des dorés qui ont pointé le bout de leur nez. Face à la menace, elle fait un signe de la main, fait tour­ner la roue, puis la gar­dienne demande à tous d’aller à bâbord, sûre­ment dans l’objec­tif de ten­ter de ne pas se faire hap­per, d’évi­ter que l’on ne pen­che de trop, que le gou­ver­nail puisse res­ter opé­ra­tion­nel. Pen­dant que nous nous exé­cu­tons, je vois les bar­ques les plus peti­tes, mis à part cel­les que des bateaux ont accro­ché à leur proue, cha­vi­rer et tom­ber dans le tour­billon des géants dorés, cer­tains le fai­sant déli­bé­ré­ment, pen­sant évi­ter le pire, ren­for­çant visi­ble­ment ainsi les for­ces des dorés.
Bra­vant le dan­ger, la capi­taine s’élance alors vers l’avant et lance son épée tel un boo­me­rang, en vue de cou­per les fils. Nous som­mes plu­sieurs à sui­vre, à essayer de faire de même, cer­tains le fai­sant en réci­tant des priè­res. En réponse, divers géants que je n’avais pas encore vus se met­tent à agi­ter des sor­tes de télés, des livres, papiers, cla­viers, pour un effet d’éven­tail, dévier les armes, ten­ter de faire taire, con­trer nos mots à l’atten­tion des autres bateaux.

Tout d’un coup, un oiseau dans le ciel, un éclair bleu-blanc-rouge et en fin vio­let, et tout s’apaise.

© Pas­­cal Lama­­chère

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D’autres vidéos de Per­sonne à appré­cier sur Le jour­nal de Per­sonne : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com

A lire et signer :
Pour la sou­ve­rai­neté du peu­ple, con­tre la sou­ve­rai­neté du capi­tal : http://www.m6r.fr/2014/10/sou­ve­rai­nete-du-peu­ple-con­tre-sou­ve­rai­nete-du-capi­tal/



/ JdP /PRES­CRIP­TEUR

lundi, juillet 14 2014

Compilation poétique. Poèmes sur l'ère politique, spiritualité, philosophiques, l'évolution, le changement, massacre d'Israël en Palestine


A coeur ouvert

Ins­piré par Je change les règles !



http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/change-les-regles/

Dis, ne vois-tu pas l’enfer sur terre qui danse
A tra­vers les bom­bar­de­ments des para­dis,
Nua­ges rou­ges qui mena­cent l’espé­rance,
Où les assas­sins sont de tous les par­vis ?

Dis, ne vois-tu pas que côté pile ou face,
Il y a des vic­ti­mes qui n’ont rien demandé,
Si ce n’est de vivre sans aucune menace,
Et nous, spec­ta­teurs de tou­tes ces atro­ci­tés ?

Dis, vois-tu le para­dis du ciel qui danse
A tra­vers l’hori­zon où s’éteint l’enfer,
Nua­ges embra­sés par ombre d’essence
Où s’envole toute la beauté de nos airs ?

Dis, vois-tu tou­tes ces étoi­les qui brillent
Pour toi, pour moi, pour nous, tou­jours pré­sen­tes,
Que l’on peut (ac)cueillir jusqu’au fond de la quille
Et nour­rir, offrir en fleurs aiman­tes ?

Dis, ami(e), étran­ger et autre de moi,
Sais-tu que toute la misère peut avoir une fin,
Que l’infâme qui fait cou­ler le sang sans faim
Est comme marion­nette dont on peut cou­per la « loi » ?

Dis, ami(e), étran­ger et autre de moi,
Sais-tu que l’on peut se lever, ten­dre nos poings
Pour faire tom­ber le voile qui nous laisse coi
Et tra­cer une voie pour les cimes des deux-mains ?

Dis, ami(e), étran­ger et autre de nous,
Sais-tu tous les men­son­ges dont on s’est abreu­vés,
Tout le mal dont on a laissé « corps » pour juste des sous,
Pour un plai­sir éphé­mère au sens insensé ?

Dis, ami(e), étran­ger et autre de nous,
Sais-tu ce qui se passe vrai­ment à Gaza et ailleurs,
A quel point des peu­ples souf­frent en ces heu­res
Parce qu’on s’est endor­mis dans cette matrice « jusqu’au cou » ?

Dites, savez-vous, au fond, je n’en sais rien,
J’aspire, j’espère, je trans­pire pous­sière de rêves ;
Puisse se faire, pour cha­cun se tra­cer le che­min
Vers un demain où ne sera pas souillée la sève.

Dites, savez-vous, au fond, je n’en sais rien,
J’aspire, j’espère, je trans­pire pous­sière d’étoi­les ;
Puisse se réa­li­ser, pour cha­cun se for­mer heu­reux demains,
Sans oublier de se lever pour tout ce(ux) qu’il y a au-delà du voile…

Pour une terre que nous avons pol­luée,
Pour les peu­ples qui se font déci­mer,
Pour les créa­tu­res que nous avons égor­gées,
Pour nous que nous avons lais­sés enchaî­ner…

Et si on chan­geait le monde ? : http://pas­cal.lama­chere.free.fr/index.php?cate­gory/Et-si-on-chan­geait-le-monde

Le chan­ge­ment par l’assiette : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/02/le-chan­ge­ment-par-las­siette-p-lama­chere/

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Dans un regard

Ins­piré par Les yeux de Gaza



http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/les-yeux-gaza/

Dans un regard, la dou­leur d’un peu­ple,
L’expres­sion, la sur­vie de l’inno­cence
Qui bon­dit, rugit des maux en silence,
Trouve une voix con­tre ce qui la dépeu­ple.

Les mots d’un drame, raci­nes sous l’incan­des­cence,
Un ciel qui tourne, assomme, ren­verse les falai­ses,
La faux qui court à tra­vers champs, gâche la genèse,
Des demeu­res dis­sou­tes dans la déli­ques­cence,
Dans un regard.

L’envie de vivre par-delà, souf­fle sur brai­ses,
De faire sur­gir la flamme hors de la glaise,
De ren­dre hom­mage aux bras qui l’ont por­tée,
A l’essence des cou­leurs qui l’ont éle­vée,
De les bran­dir pour fin du temps de la four­naise,
Dans un regard.

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Ins­piré par Du côté de chez soi
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/du-cote-chez-soi/

A côté de nos âmes étoi­lées,
des failles,
l’ombre de com­bats,
le fleuve qui coule, érode,
dépose çà et là le limon,
des dia­mants et des char­bons,
des réac­tions face aux dif­fé­ren­ces dé-voi­lées
dans le jeu des miroirs,
pile aux effets,
et qui creu­sent un peu plus le lit des tor­rents ;
des tor­ches et des mains qui pan­sent les plaies,
des coeurs qui étan­chent la soif d’eau cla­ri­fiée,
des yeux qui lèvent, sou­lè­vent, por­tent les cieux,
des souf­fles qui apai­sent les tem­pê­tes,
des aspi­ra­tions à par­ta­ger le pain,
aux actions soli­dai­res incar­nées,
à res­pec­ter le bout de l’autre,
des genoux qui appel­lent le meilleur,
des voeux à faire plier les ven­deurs d’armes,
les mar­chands de sable empoi­sonné,
les poseurs de code barre sur tout ce qui existe,
les vam­pi­res prêts à spo­lier les pays,
à aspi­rer leurs ter­res et leur ciel
sans se sou­cier des tom­bes qu’ils creu­sent,
du fleuve qu’ils détour­nent, ren­dent abys­ses ;
et des volon­tés à écrire suite de l’His­toire
et poser sur l’hori­zon
les pro­mes­ses d’un grand soir
pour la vie de cha­que créa­ture sur le par­vis,
les beau­tés de la nature,
les por­tes ouver­tes sur l’infini…

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Ins­piré par À bout de souf­fle



http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/bout-souf­fle/

Souf­fle impal­pa­ble
Caresse, apaise l’esprit,
Musi­que d’âme

Mélo­die du cœur
Suit le rythme, lie notes,
Vol vers mys­tère

Doigts des étoi­les
En retra­cent un bout vers vie,
Don qui s’offre en tout,

Jusqu’au champ ouvert
Où se joint et con­cen­tre
Le sens recueilli.

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Ins­piré par Bar Aca­dé­mie : PLA­TON
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/bar-aca­de­mie-pla­ton/

Flamme divine,
Autour danse son ombre,
Pro­jette le ciel

Au point sen­si­ble,
Les rayons d’or inté­rieur
Subli­ment, gui­dent

Dans la nuit, brume,
Vers l’étoile, som­met clair,
Cime réson­nante

Soif et faim sans fin,
Rete­nus par ver­go­gne,
Son­dent l’infini

L’essence qui lie,
Relie idées, haut, tout autour
Flamme divine

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Ins­piré par LA GAU­CHIASSE
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/gau­chiasse/

La rose si belle,
Côté cœur,
Le jar­di­nier si oublieux
Côté ficel­les,
Ses sel­les en fleur,
Laisse peu de marge aux cieux.

La rose si belle
Vol­tige, bat des ailes,
Pour sur­vie, mani­feste par épi­nes,
Le jar­di­nier sur le reflet de terre,
Le ter­reau fer­tile hors de la serre,
N’écoute le flux de l’échine.

La rose si frêle et si forte
Mur­mure ses sou­haits aux vers,
Aux pieds du pro­chain,
A la tête de la pro­chaine cohorte,
Le jar­di­nier, un pied dans les fers,
L’autre pour soi, verse le sang au malin.

La rose si frêle et si forte
Cueille les son­ges,
S’y écueillent illu­sions mor­tes,
Les ombres, elle longe,
De son reste de lumière toile la mire,
Le jar­di­nier y est appelé à s’y res­sai­sir.

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Ins­piré par Des sou­mis et des hom­mes
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/sou­mis-hom­mes/

L’oiseau vol au vent,
Libre de sui­vre cou­rant,
Déployer ailleurs

Par­tir, reve­nir,
Essence de liberté
Por­tée par ailes

Nour­rit les demains,
Fait fleu­rir des étoi­les,
Pose ciel dans nid

Fait cours de sa vie
Sous le regard de cime,
Gran­dit l’essen­tiel.

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Ins­piré par Une porte qui s’ouvre…
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/porte-sou­vre/

Une porte qui s’ouvre sur les autres, le cœur sur la main,
Les cieux détour­nés du fond de l’abîme,
Les péta­les, tour­nés vers les mur­mu­res, tis­sent les liens
Dans la demeure où ren­tre l’air des cimes.

Une porte qui s’ouvre avec les brai­ses de la piété,
Refuge pour les âmes navi­gant
Sur les flots de la vie, par le souf­fle les ravi­vant,
Dans l’essen­tiel trou­vent la satiété.

Une porte qui s’ouvre avec la clef inté­rieur
Et la main du des­tin incarné,
La for­tune hors des poches et richesse embra­sée,
Apporte des hori­zons chan­teurs.

Une porte qui s’ouvre vers la néces­sité
Du voyage des ardents empreints de res­pect,
Les ténè­bres rete­nant, con­tour­nant, repous­sant,
Forge l’éclat du foyer béni hors du temps.

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Pour L’essence sans plomb



http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/les­sence-plomb/

Con­tes de faits défi­lent,
Des se fon­dent dans des fils
Ras­sem­blés pour une créa­tion,
Trame qu’une baguette tisse
Avec son encre élé­va­trice.

Moteur, ça tourne, action :
L’essence donne l’hori­zon,
Des abî­mes aux cimes, dans l’inters­tice,
La fée avive, les voix don­nent corps, font réson­ner
Le che­min vers les sens spec­ta­teurs qui recréent.

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Ins­piré par France sous influence
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/france-influence/

Ô géants du monde,
Voyez-vous à vos sou­liers
Les sillons écar­la­tes,
Vos créa­tions immon­des,
Les os et les cen­dres ron­gés,
Les ron­des ren­dre pla­tes ?

Ô géants du monde,
Voyez-vous au-des­sus,
Le ciel ouvrir les nues
Vers les fos­ses, cata­com­bes
Qui pèse­ront sur vos âmes,
Vous entraî­ne­ront dans les flam­mes ?

Ô géants du monde,
Voyez-vous l’hori­zon
De vos col­la­bo­ra­tions
Qui engouf­frent les colom­bes,
Enflam­ment fils de Pales­tine,
Et nous à ten­ter de décour­ber l’échine ?

Ô peu­ples du monde,
Du coq, des aigles, toute la cohorte,
Nous dres­se­rons-nous avant l’heure morte
Pour libé­rer la féconde,
Faire tom­ber un autre mur de la honte
Et met­tre fin aux ton­tes ?

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Ins­piré par L’eau mau­dite
http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/07/leau-mau­dite/

La faux rôde dans l’eau,
Autour de la gorge agi­tée,
De la terre au ciel, à la terre,
Che­mine, forge l’étau.

A la source du vital en mire,
Nulle béné­dic­tion dans l’ocre.
Avec, l’illu­mi­na­tion dans les éclats
Ne peut pas­ser le mur du rire.

A l’eau le ciel sans prix détourné,
Sur le che­min de l’oppo­si­tion,
Dénude la dif­fé­rence aux os,
Par la peau bénie rat­tra­pés

Dans les nua­ges en feu,
Les mur­mu­res s’élè­vent
Con­tre l’humour des dorés,
S’espère le jour radieux.

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Ins­piré par Men­ta­list
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/men­ta­list/

Cher men­tal,

Tu sais les tra­ces sur le che­min, les creux, les plaies effa­cées, l’his­toire des fan­tô­mes, des sta­tues, des cen­dres dans le jar­din, le fossé, les riviè­res con­te­nues près de la source, les tem­pê­tes, les éclair­cies, aux­quels tu as par­ti­cipé tel un char­pen­tier, créa­teur de ponts, de voies pour aller à la ren­con­tre de l’inconnu, à la fron­tière du connu, ne pou­vant même l’effleu­rer en sub­stance, le regard porté vers la cime.

Tu as créé, suivi des rou­tes, embrasé le loin­tain, m’a guidé loin des obs­ta­cles, détourné, tourné, ren­versé, con­tourné, comme un marin qui navi­gue en se fiant aux lumiè­res d’en haut, sans pou­voir jamais arri­ver à l’hori­zon, ni con­naî­tre pré­ci­sé­ment la des­ti­na­tion, si ce n’est ima­gi­ner la demeure au som­met de la mon­ta­gne, où les étoi­les fleu­ris­sent dans les champs du ciel.

Créa­teur d’un fil d’Ariane intan­gi­ble, de filan­tes, de pro­blè­mes et de solu­tions, tu décor­ti­ques, for­ges et dénu­des le méca­nisme du vivant sans pou­voir t’y glis­ser. Tu poses le reflet dans le miroir, sans l’être. Tu es les mots sur un océan de pages blan­ches, les con­tours d’un grain de pous­sière dans l’uni­vers. Tu es la forme que tu te don­nes, sem­bla­ble à un sculp­teur qui se sculpte et sculpte l’idée du dehors, au mieux quand guidé par le cœur, en accord avec. Tu es le pein­tre de l’image au-delà du miroir, sans être capa­ble d’en con­naî­tre les cou­leurs. Tu es l’écho de l’écume d’un océan infini, un assem­ble­ment de notes sur des par­ti­tions jouées simul­ta­né­ment dans le silence, notes qui ont ainsi l’ordre que tu choi­sis, sai­sis, me lais­ses entre­voir, enten­dre par ta voix. Ou que je te per­mets de glis­ser dans mes sens ?

Merci de me per­met­tre de ten­ter de savou­rer dans l’inters­tice de ta mani­fes­ta­tion, entre deux notes, la grâce, de ten­ter de sen­tir l’essence, res­pi­rer la fra­grance de la pré­sence de l’absolu, du tout en un, de voya­ger et demeu­rer dans l’ins­tan­ta­néité au bord, face à l’insai­sis­sa­ble mys­tère du très haut.

A bien­tôt !

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Ins­piré par Israël and Coke



http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/07/israel-and-coke/

Domi­nos lignés
Font l’auto-repro­duc­teur,
L’écran dans les fils

Les plans dans l’ombre,
Qu’importe mar­que des freins,
Grai­nes des piments

Tant que se monte
Sur l’engin en roue libre,
Pour met­teurs en scène

Tirent ficel­les,
Façon­nent le super­flu,
Gor­ges avi­des

L’airain explose,
Des bâti­ments en fumée,
Cen­dres en lar­mes

© Pas­cal Lama­chère

dimanche, mai 18 2014

Compilation poétique. Poèmes sur la musique, le silence, la religion, la vie, recherche de soi, de sens


Ins­piré de Lud­wig



http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/lud­wig/

A l’ori­gine, un silence, une note sus­pen­due au-des­sus du vide,
Une eau calme cares­sée par le souf­fle de l’éter­nité,
Puis vient la pre­mière impul­sion,
Celle qui donne nais­sance aux éphé­mé­ri­des,
La baguette qui lâche la note dans l’ins­tant né,
La note qui décide de toute la par­ti­tion
En réso­nance sur l’océan de la vie
D’où, de toute part, le tout jaillit
En har­mo­nie avec la main divine,
La lumière qui orches­tre, affine,
Et les tour­billons nais­sent, meu­rent,
Et les silen­ces tom­bent, sou­lè­vent l’heure,
Et les papillons bruts, doux,
Bat­tent des ailes jusqu’à faire des nous,
Le vide et le plein, sens des­sus des­sous,
Pren­nent petit à petit une forme,
Une sym­pho­nie libé­rée du tout,
Un uni­vers lancé, gra­vité d’une pomme,
Jaillis­se­ment d’une lave
Jusqu’aux con­fins d’une enclave,
Une limite infi­nie, une falaise
Où s’échoue, se rejoint, repart,
Un éter­nel retour, des abî­mes aux cieux, jusqu’au phare,
Note et baguette sus­pen­dues, feu dans la braise.

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Ins­piré de Silence on meurt
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/silence-on-meurt/

Dans le silence des étoi­les,
Se savoure l’ins­tant de la bas­cule ;
Le silence dans les déda­les,
Se mesure la cani­cule

Le vent fait, défait les pay­sa­ges,
Le temps assè­che, sou­lève, arrose,
Les sai­sons défi­lent avec les nua­ges,
Pous­sent, fleu­ris­sent et meu­rent les roses

Les cara­va­nes arri­vent, se garent, pas­sent,
Les plan­tes gran­dis­sent près des tuteurs,
Sui­vent jusqu’à ce qu’ils s’effa­cent,
La vie a sa terre et les vers leur heure

Dans le silence des cen­dres,
Une sagesse, har­mo­ni­ques à pren­dre ;
Le silence entre les notes
Rythme la par­ti­tion, con­duit la péotte.

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Ins­piré de Ana­phore
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/ana­phore/

Dans l’eau de la vie, le pain trempé ne doit tout absor­ber.
Les étoi­les sont dans la vérité, les angles chan­gent,
Le pen­seur qui s’accro­che à un rayon de lumière étrange
Peut per­dre de vue l’essen­tiel, le pano­rama de côté.

Les étoi­les sont dans la vérité ; le souf­fle des anges,
Les entrailles des abî­mes, les angles n’en voient la tota­lité.
Celui qui pense tout sai­sir en l’ins­tant pour­rait s’aveu­gler
Et per­dre l’envie, s’enchaî­ner ou l’être au temps des ven­dan­ges
Dans l’eau de la vie.

La liberté se gagne sur la voie, entre abîme et océan étoilé.
Dans l’eau de la sueur, le pain trempé peut tout absor­ber.
L’hori­zon ouvert peut por­ter la cha­leur vitale aux âmes refroi­dies.
Le cher­cheur à l’écoute des trem­ble­ments de l’esprit
Peut évi­ter les éter­nel­les cen­dres et trou­ver sa soif rafraî­chie
Dans l’eau de la vie.

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Ins­piré de Hé l’athée !



http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/he-lathee/

L’aube se lève
Sur la grève,
La porte et les fenê­tres s’ouvrent,
Les rayons décou­vrent,
Ins­tant de vie,
Souf­fle d’une grâce
Ten­due vers l’infini

L’aube se lève,
Les ténè­bres chasse,
Les cieux au rêve
Qui se cul­tive dans la sève
Impal­pa­ble mais de sens,
La grâce au cœur qui s’élève,
Clef d’une exis­tence

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Ins­piré de Le réflexe d’Élec­tre



http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/reflexe-delec­tre/

Dans une prai­rie, sur la pente d’une mon­ta­gne, devant l’abîme, une lumière ren­con­tre une ombre.

L’ombre : « Que fais-tu à res­ter plan­ter-là ? Ta pesan­teur veut-elle le cen­tre de la terre ? »

La lumière : « Ce n’est par choix, mais par être ! »

L’ombre : « Ah, le paraî­tre ! Dans cette explo­ra­tion, cher­ches-tu à ense­ve­lir l’étin­celle, l’essence, ou peut-être les deux, père et mère dans un même lin­ceul ? »

La lumière : « Je cher­che… ce que je trou­ve­rai ! Qui sait ?! »

L’ombre : « Tu me trou­ve­ras tou­jours avec toi ! »

La lumière : « Qu’en sais-tu ? Plus je creuse, plus je vois les nuan­ces des recoins ! »

L’ombre : « Plus tu creu­ses par ici, moins je vois le ciel, et plus tu t’en détour­nes ! »

La lumière : « Toi ! Mais si tu vaux mieux que l’obs­cu­rité totale, le ciel peut se pas­ser de moi un ins­tant afin que je puisse sai­sir la nature de tou­tes cho­ses ! »

L’ombre : « Tu cher­ches la nature, mais tu creu­ses ?! »

La lumière : « Pour­quoi pas ?! »

L’ombre : « Pour­quoi pas ! Mais ne défor­mes-tu pas ainsi ce qui est ?! La nuit existe sans le jour ! Si la fleur de feu se pointe la nuit pour voir com­ment elle est le jour, le nuit reste-t-elle nuit ? Qu’est-ce qui est natu­rel­le­ment ? Si c’est ton être et celui des autres qui te préoc­cupe, le trou­ve­ras-tu dans tout ce qui dimi­nue, ou dans tout qui gran­dit ? Dans les murs qu’on a dres­sés et qui pour­rait dis­pa­raî­tre, dans les fos­ses creu­sées et qui pour­raient deve­nir des monts ?

La lumière : « En creu­sant, je te vois mieux ! Je vois ce qui n’était pas à ma por­tée, je puis appré­cier un peu plus la glo­ba­lité ! Faire abs­trac­tion de mon reflet et effleu­rer les recoins de l’infini des abî­mes ! »

L’ombre : « Tu ris­ques de te per­dre dans cette explo­ra­tion ! Le ciel est si beau ! C’est là où pousse la vie ! C’est là d’où vient son essence et la tienne ! »

La lumière : « Une par­tie de la tienne ! Et la tota­lité de la mienne… Mais il n’y a pas que ça ! »

L’ombre : « Et ? »

La lumière : « J’existe aussi pour sai­sir les têtes des chau­miè­res et les tiroirs fer­més ! Ne fut-ce qu’un fin filet ! Et quand le cof­fre s’ouvre, il dévoile son tré­sor ! »

L’ombre : « Un graal des pro­fon­deurs ? »

La lumière : « Qui sait ? »

L’ombre : « Et si l’autre par­tie de moi avait rai­son de toi ? Qu’un ébou­le­ment t’ens­ve­lis­sait dans le néant ? »

La lumière : « Je recu­le­rai aus­si­tôt ! Et je puis pas­ser une éter­nité dans l’obs­cu­rité, je ne m’étein­drai pas pour autant ! »

L’ombre : « En atten­dant, tu peux te faire per­ver­tir ! »

La lumière : « Ce n’est pas parce qu’on trempe les mains dans la matière qu’elles ne peu­vent s’en défaire ! Et puis on verra ! »

L’ombre : « Et si ta nature était plu­tôt de nour­rir les fleurs, les sens de l’essence, et non de te préoc­cu­per des pro­fon­deurs, ten­tant de cher­cher par delà de ce qui en est vide et res­tera sté­rile ? »

La lumière ! « On verra ! »

L’ombre : « Peut-être pas ! Qui sait ? »

La lumière : « Ah ! Je vois… »

L’ombre : « Je ne vois rien ?!! »

La lumière : « Jus­te­ment ! »

Ombre et lumière dan­sè­rent près d’une graine tapie dans l’obs­cu­rité, puis la lumière par­tit creu­ser le ciel, l’ombre accro­chée au fil tissé sous terre, né de la danse, lais­sant la graine à son aire.

© Pas­cal Lama­chère

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Poè­mes, élec­tions euro­péen­nes, créa­tions vidéos artis­ti­ques de Per­sonne à décou­vrir :
https://fr.groups.yahoo.com/neo/groups/coeur­ro­man­ti­que/con­ver­sa­tions/mes­sa­ges/253


@ Pelu­che !
Pas­cal

lundi, mars 24 2014

Compilation poétique, site d'Info-scénario à découvrir


Temps mélan­co­li­que

Ins­piré de
La mélan­co­lie
 : http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/melan­co­lie/


L’été passe, les brai­ses devien­nent cen­dres,
Les jours gris s’enlas­sent, accro­chés au tableau,
Les voies comme autant de feuilles qui vont des­cen­dre,
Douce mélo­die du cœur migre avec les oiseaux.

L’être las, une bou­gie dans la pénom­bre
Sub­siste tel­les les bran­ches dans le brouillard
Qui s’agi­tent, cha­vi­res d’une île qui ne som­bre
Mais reste mar­quée, les crayons plan­qués dans le noir.

Le temps tasse, égraine, ramasse, rem­plit,
L’éclipse reste, fait vide, sou­ris se cache,
Tout sem­ble deve­nir des ins­tants de sur­vie
Jusqu’à ce que le ciel décou­vre le pana­che.

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Entre deux ombres

Ins­piré de
Maniac-Opéra
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/maniac-opera/


Deux sur le trône
Se cha­maillent une ampoule,
L’ombre avec le jour

Son toc et ‘tique
Tirent cha­cun de leur côté,
La barre mélange.

Rose pour l’appa­rat
Cache épi­nes sur têtes,
Ailleurs l’essence

Saveur Capi­tal
Sai­gne gau­che pour droite,
Clos y voient que feu.

Jeu de la glace,
Au pied d’arbre de faux rai,
Rem­plit le vide

D’air rance toc tic,
Mais dans le ciel un seul bord
Jus­que sous trône

Reste en soi pour neuf,
Peut jaillir de l’ampoule,
Fleu­rir dans la vie.

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Etat dans tous ses états

Ins­piré de
La para­noïa
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/para­noia/


Une coc­ci­nelle s’envole,
Éole la pousse dans un bec,
Un rouge-gorge tombe sec,
Un chas­seur pani­que au sol,
Près d’une réserve mili­taire,
Son com­pa­gnon rougi à terre.

Accusé de ter­ro­risme
Par des sol­dats au gris prisme,
La famille du chas­seur
Est mise sur écoute
Et lui en geôle sur l’heure.
Dans l’espoir de le faire sor­tir,
Sont étu­diées diver­ses rou­tes,
Tout un réseau de con­nais­san­ces
Appe­lées, en ligne de mire,
Pro­pos détour­nés de leur essence.

Un sus­pect mis en pri­son,
Qu’importe la ver­sion,
Tout ce qui l’entoure enchaîné
A une vue qui pousse à tré­bu­cher :
Sur ses pro­ches, la pres­sion.
Se fomente alors rébel­lion,
Une plaine de trous verts,
Plage rouge orphe­line de mer,
Puis une triste libé­ra­tion,
Un oiseau sans envie de bonds

Pour une coc­ci­nelle tom­bée,
Un souf­fle neu­tre, sans inten­tion,
Nés un jour d’hiver enso­leillé,
Des liens natu­rels de la créa­tion.

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Ins­piré de
L’Ego ou l’égale ? http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/lego-ou-legale/

Un homme s’appro­che d’un miroir drapé, recou­vert d’un voile dia­phane.
Intri­gué par le mys­tère, il resta planté là un cer­tain temps à admi­rer l’objet.

« Miroir, miroir,
Que tu sois som­bre ou lumi­neux,
Ton reflet est-il celui de l’appa­rence des cieux
Ou d’un homme dans le noir
A scru­ter loin dans les abî­mes
Et dans les hau­tes cimes ? »

Le cer­tain temps passé, l’homme s’appro­cha, effleura le voile sans le sai­sir, comme pour le pal­per
sans y tou­cher, pré­ser­ver l’aura inconnu, se pré­ser­ver d’une éven­tuelle mau­vaise sur­prise.

« Miroir, miroir,
Mon cœur se reflé­tera-t-il tel quel,
Lui tor­dras-tu les ailes
Ou enjo­li­ve­ras-tu mon boire ? »

Fina­le­ment, il enleva déli­ca­te­ment la matière qui le sépa­rait du mys­tère, posa le voile sur une chaise et…
plu­tôt que de s’admi­rer ou être repoussé par le reflet de la glace, il con­tem­pla la beauté du miroir.

« Miroir, miroir,
Le plai­sir d’admi­rer ta beauté
Est-il, de la glace inté­rieure, un reflet ?
Regar­der un pay­sage sans tout voir ?! »

L’homme dépous­siéra le miroir puis arrêta de se poser des ques­tions rela­ti­ves aux reflets que lui ren­voyaient le miroir.

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Ins­piré de
Buis­son ardent
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/buis­son-ardent/


L’humain sur la mon­ta­gne,
Près du buis­son ardent,
Brûle lar­mes, tour­ments.
L’être allégé le gagne :
Ren­con­tre impal­pa­ble,
Essence incom­mu­ni­ca­ble
Sans faire le voyage soi-même
Au cœur de l’étoilé schème
Net­toyé des échos trom­peurs…

L’humain des­cend la cime de terre,
Des cen­dres arden­tes, sans aigreur,
Sur les sou­liers et dans la peau,
Près à faire face aux fers,
Aux pei­nes des sceaux :
Rien dans les poches,
Tout, tout là haut,
Et qu’importe la pio­che,
Il sait le roseau.

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Ins­piré de
C’est selon… Oum Kal­thoum
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/cest-selon-oum-kal­thoum/


La chair et l’esprit
Au ser­vice de l’amour,
Vol­can y puise

L’astre les chante,
Cha­made au siège secret
Brûle l’essence

Par­tie se cache,
Lumière dans lumière,
Ombre par glace

Tra­verse les airs,
Trans­cende le pal­pa­ble ;
Cen­dres du sel.

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Ins­piré de
Untel père, untel fils…
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/untel-pere-untel-fils/


Tour­nez, tour­nez manège,
Pro­fi­tez de l’ins­tant qui bour­geonne,
Les som­mets, le temps gri­sonne,
Et un jour est, vient la neige.

Tour­nez, tour­nez les siè­ges
Au cœur du moment fleuri.
Pères et fils, par miroir en vie,
Oeu­vrent entre ciel ou/et piège.

Tour­nez, tour­nez manège,
Un jour vien­dra la neige,
Le sel, quand l’autre sera parti,
Sen­tez, pour ne pas regret­ter le par­vis.

Tour­nez, tour­nez les siè­ges,
Entre voie du ciel ou/et du piège,
Deux sai­sons dans une même,
Le souf­fle d’une fait mème.

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Ins­piré de
Et Dieu créa la Diva
http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/dieu-crea-diva/


« Où je mets votre paquet ?
Par ici, par là ? Là-bas ?!
Non ?! Par ici ? fina­le­ment, par là ?!
D’accord, d’accord, près du bou­quet ?
Ah, non, plu­tôt sur la fenê­tre ?
Non ?! Il va bien fal­loir déci­der !
Ah ! Bon, sur le banc, de ce côté ?!
Bien, un peu plus et tout mon être…
De quoi, vous aimez bien le vide ?
Et ? Qu’est-ce que ça change ?
Tout compte fait, près des chry­sa­li­des,
Dehors, sous le regard des mésan­ges ?
Je vais deve­nir chè­vre ! Bêêêê !
Cela ne chan­gera pas grand chose ?!
Trop aima­ble ! Bon, je pose ! Ouf, c’est fait !
Vous vou­lez que je l’ouvre ? Je n’ose !
Pas de chi­chis ? Mais… et si…
S’il y a des objets cas­sés,
C’est moi que vous allez accu­ser !
Pas for­cé­ment ?! Le doute n’allège mon souci,
Et cela me fait une belle main !
Bon, puis­que vous y tenez, enfin… »

En ouvrant le paquet, la lumière fut,
Le ciel s’ouvrit sur la tête,
Et l’ombre d’un ins­tant elle sut,
A tra­vers le voile céleste…
Puis le regard s’ouvrit et balaya,
Se retourna dans les flots et abî­mes de Gaïa.

« Alors, je le mets où, le paquet ?
Par ici ? Non, de l’autre côté ?! »

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Ins­piré de
Megalo-men : Zla­tan – Mou­rinho http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/03/megalo-men-zla­tan-mou­rinho/

L’équipe de l’Être affronte l’Avoir.
Mes­sieurs dames, à vos bou­geoirs !
Cen­tre d’un être, un Avoir inter­cepte !
Lon­gue passe en avant,
Drib­ble de la Chaî­nette,
Petit pont sous la Disette,
Puis face à face avec l’Etant
Qui offre de la résis­tance,
Mais gêne l’arrière Quête,
Feinté par Appa­rence,
Et man­que de mar­quer…
Con­tre son pro­pre camp !
La gar­dienne et capi­taine Flamme
Inter­cepte et s’en va les remo­ti­ver :
« Haut les cœurs ! Au jeu de la vie,
Plu­sieurs che­mins en terre d’âme
Pour ne pas subir les Avoir ! »
Et l’Etant s’élance, passe à Ciel
Qui évite un tacle de Sans Espoir,
Drib­ble la Chaî­nette et Fiel,
Pour blo­quer face à Pré­si­dent.
Arrive à la res­cousse l’Aimant
Qui tire et… trouve le poteau de Néant,
Et Temps sif­fle sans fin la mi-temps !

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Ins­piré de
Sel­fi­so­loir http://www.infos­ce­na­rio­de­per­sonne.com/sel­fi­so­loir/

Aux urnes, citoyens,
importe peu votre bul­le­tin,
votre sort dans vos mains,
à cha­que jour son pain.

Aux urnes, cama­ra­des,
le papier ne bat la cha­made,
la cor­beille en fera fes­tin,
voies se tra­cent au quo­ti­dien.

Aux urnes, citoyens,
voyez-vous l’enclos ?
Vous est-il garanti demain ?
A cha­que cour(s) son flot.

Aux urnes, cama­ra­des,
plan­tons nou­vel­les grai­nes
dans le ter­reau fer­tile sous peine,
arro­sées par les sans gra­des.

© Pas­cal Lama­chère



jeudi, février 6 2014

Intimité, Rose Pif, Le fachocialisme et L’Alternance - Poèmes, écrits inspirés par ceux de et l'art vidéo du Journal de Personne


Inti­mité : Une perle sen­si­ble sur un sujet intem­po­rel




Inti­mité : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/02/inti­mite/

Le der­nier souf­fle d’un corps fait par­tie du cycle de la vie,

Mais au-delà de la vie, de la mort, il y a des éner­gies,

De l’éner­gie, une force, la main d’une âme qui laisse une empreinte qui nous tou­che, lien gardé dans un mou­ve­ment qui n’a d’arrêt qu’avec le Temps 0, qui dort dans un tiroir secret, invi­si­ble, que nous ne pou­vons mon­trer telle quelle, au début à peine par­tagé, dévoilé par une rete­nue envo­lée, un peu de lumière cou­chée sur le papier, sur une pein­ture, une mélo­die, une image, une his­toire ani­mée.

Les êtres chers de notre his­toire, gra­vés dans le cris­tal, en lais­sent une qui résonne chaud au-delà de leur der­nière heure, mêlée, démê­lée aux sali­nes, à l’écume qui érode le rivage, jusqu’à ce que le pay­sage res­plen­disse, vive comme aux pre­miers jours, l’au-revoir jamais vrai­ment con­sumé, que nous ayons eu ou non le temps de pro­fi­ter des oscil­la­tions de leur flamme, belle place au cœur de l’intime.

Sur le jour­nal de l’intime, nous nous dévoi­lons à soi, émoi du moi, et quand nous le par­ta­geons, à la libre inter­pré­ta­tion, dire sans tout dire, tout dire sans dire grand-chose, au gré des aven­tu­res, des jours et des nuits, de ceux qui écou­tent, porte ouverte sur des murs ou des fenê­tres prê­tes à s’ouvrir.

Près des fenê­tres prê­tes à s’ouvrir, rien ne s’oublie, tout se trans­forme, des mur­mu­res dans le noir aux vol­cans assour­dis­sants, des riviè­res aux sim­ples sou­ri­res aux rires joyeux, une valeur per­son­nelle que nous ne pou­vons tro­quer, qui ne s’achète, même pour ceux qui vou­draient mon­nayer tou­tes les par­cel­les de vie pri­vée et qui ont les moyens de la met­tre en code-bar­res.

Pour les codes-bar­res, le flux du pain quo­ti­dien sys­té­ma­tisé, et même sans, à l’heure où tout s’ancre sur la place, par choix et/ou par bar­rière de com­mu­ni­ca­tion, expri­mer de tou­tes façons l’exis­tence sans vue d’ensem­ble, gar­dant un jar­din secret, un ciel que nous ne pou­vons ouvrir qu’à l’impal­pa­ble, source de la crypte aux mys­tè­res, et les yeux au pré­sent.


Rose Pif : Une perle d’humour sur des sujets d’actua­lité et intem­po­rels




Rose Pif : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/02/rose-pif/

Le parle ment aux pifs des élec­teurs
S’échoue sur les récifs des citoyens
A naî­tre dans la glaise sous étrange dou­leur
Qui pétrit avec les grif­fes des vaut rien

Et de ceux et cel­les qui le valent bien,
A côté des chas­seurs de peau qui se leur­rent
A l’affût des pailles, enflam­mées sans soin,
Et les trou­vè­res aux nua­ges flâ­neurs

Les plain­tes sans cible, et même avec,
Peu­vent se trom­per de flé­chet­tes ou d’arc,
Mais par l’essence de Thot, des pieds au bec,
Se fait l’incar­na­tion du verbe et de la bar­que

Foin des métaux, qu’importe poin­tes près d’ilia­que,
La vie en rose voit la récon­ci­lia­tion
De l’apol­li­nien et du dio­ny­sia­que,
Et en fin le ser­pent chan­gera de posi­tion.


Le facho­cia­lisme : Une perle poé­ti­que sur le cynisme, l’ère du temps poli­ti­que, média­ti­que




Le facho­cia­lisme : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/01/le-facho­cia­lisme/

Ah ! Les ampou­les d’une cer­taine presse,
Mal ampou­lées dans la suie et le sang,
A se nour­rir du, don­ner mal aux dents

La tête dans le mur, cette presse presse :
Par paresse ou par oppresse,
Com­bat Don Qui­chotte et sa for­te­resse.

Ah ! Les mou­lins d’une cer­taine presse
Qui mou­lent (en Hol­lande) pour enfa­ri­ner,
Sans recul, dos au pré rési­dent.

La tête dans le vent, cette presse messe…
Pour engran­ger, accro­chée au cou­pe­ret,
Elle s’effi­lo­che, l’encre recou­verte dans l’élan :

Il ne lui res­tera plus qu’à sol­der le par­vis
Et nous à jouer à mais où est donc Char­lie.


L’Alter­nance : Une perle poé­ti­que




L’Alter­nance : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2014/01/lal­ter­nance/

Les blés dans les champs
Dan­sent alors que tourne vent,
Oiseaux de sai­son

Le reflet du temps,
Bul­le­tins de Tha­na­tos
Alter­nent les uns

Dans l’ins­tant du bond,
Grave le fris­son des os,
Les pairs pro­fi­tent

Âmes dans les champs,
L’ère lie et délie notes,
Nos­tal­gie en côte.


A pro­pos de la soli­tude sur la rivière du temps, à lire : Le bord de la soli­tude : http://cm.revues.org/462

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D’autres vidéos à appré­cier sur Le Jour­nal de Per­sonne : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com


/ JdP /PRES­CRIP­TEUR

vendredi, juillet 12 2013

Explorations poétiques de l'être


L’être ailleurs

Ins­piré par : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/02/le-monde-vir­tuel/

L’être ailleurs, navi­gue, écla­boussé par les embruns de l’océan des rêveurs…
Une pierre, un pay­sage, une nature, loin de la cité aux feux caden­cés où des pas de loups façon­nent le ter­rain…
Un reflet, un hori­zon, un voyage vers l’impal­pa­ble, l’inconnu, l’impré­vi­si­ble, où se côtoient les astres mor­do­rés et les mor­su­res de la glace…

Un hiver, une nuit, dans le cime­tière des esprits, il glissa à vue. Il allait entre cha­vire et vogue au large de la galère ter­res­tre.
En cause, deux ques­tions lan­ci­nan­tes que posait le sphinx de la brume : Quel feu suis-je ? Quel feu es-tu ?
S’il trou­vait la réponse, l’être ailleurs pour­rait pour­sui­vre vers la clai­rière des for­mes vivan­tes…

« Le feu charme, corps en transe,
Le feu danse, bois cha­vi­rent,
Le feu brûle, let­tres de cen­dres,
Le feu étoilé, dou­ble mesure, enfants joueurs,
Le feu joueur, les joues éti­rées en cou­leur,
Le feu ato­mise, matière désar­ti­cu­lée…

Tu es le feu éter­nel, qui jamais ne s’éteint, jamais ne brûle, éclaire la nuit et le jour sans jamais briller, l’étin­celle d’un autre feu, peut-être du mien.
Je suis le feu qui peut réu­nir des feux, qui jamais ne brûle, éclaire la nuit et le jour sans jamais éclai­rer les pay­sa­ges mais je peux peut-être me con­su­mer ! »

L’être ailleurs n’eut d’écho à ce qu’il venait d’expri­mer, si ce n’est qu’il reprit le cours de la glis­sade et s’échoua sur la terre embau­mée. Un peu écor­ché, il se releva et pour­sui­vit.

Un hiver, une nuit…

* * * * *
* * * *

Êtres aimants

Ins­piré par : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/07/tout-est-a-recom­men­cer/

Sur la pla­nète Dé Sisy­phe, dans l’antre des astres, après avoir fran­chi le seuil, dans une sorte de cou­loir don­nant sur une immense cavité, une mage gar­dienne expli­qua à un ermite sa fonc­tion dans le grand manège.
 
La mage : « Cha­que nuit, notre lune se trans­forme en arai­gnée, des­cend par la grande ouver­ture tout, tout en haut, dans la salle cen­trale, au-des­sus du petit lac d’eau, là-bas ! Vous voyez le fai­ble filet de lumière ? »

L’ermite fit oui de la tête, fas­ciné par le spec­ta­cle qui se dérou­lait devant ses yeux, près de la berge oppo­sée : un corps de lumière pure en train de dan­ser, tout en agi­tant autour de lui des lames de feu, cou­pant au pas­sage des fils qu’il dis­tin­guait à peine.

La mage : « Elle tisse une toile pour y dépo­ser ses der­niè­res lar­mes à l’aube, après avoir recueilli les pre­miè­res du feu suprême, la source de tout souf­fle et de toute magie ici, même de celle de l’ombre. »

L’ermite : « Je… C’est lui, là-bas ? S’il se mani­feste ainsi, tou­jours ici, il ne ris­que pas d’être cap­turé ? Et com­ment fait-il pour en même temps éclai­rer ailleurs ? Et pour­quoi sem­ble-t-il cou­per la toile ? »

La mage : « Lon­gue his­toire… Pour vous la faire courte… Deux aimants, au début des temps, dans l’ère du néant des incar­nés ; Romero de la famille des âmes de feu, et Juli­nette de celle des divi­ni­tés des dimen­sions, des for­mes. Deux famil­les enne­mies, des pou­voirs com­plé­men­tai­res et anta­go­nis­tes. Les deux avaient trouvé la voie de l’équi­li­bre, mais lors­que leur des­sein a été décou­vert, ils ont été mau­dits par le con­seil de leur famille res­pec­tive. Du moins, ils l’auraient été tota­le­ment, si la source du grand tout, le cou­ple des for­ces ori­gi­nel­les, n’avait insuf­flé de la clé­mence dans l’ire. C’est ainsi qu’un jour, quel­ques temps après le com­men­ce­ment des temps, dans la for­ma­tion de l’uni­vers incarné, la pro­jec­tion des élé­ments, Romero devint la source de notre astre de vie, soli­taire, et Juli­nette notre lune, con­dam­née à ne pou­voir pro­fi­ter que du reflet, ou pres­que… »

L’ermite : « Oh, c’est de là d’où est tiré le conte pour pre­miers mages ? »

La mage : « Tout à fait ! »

L’ermite : « Merci pour votre his­toire, mais cela ne répond pas vrai­ment à mes ques­tions ! »

La mage : « Je vais y venir… »

Alors que la mage et l’ermite s’étaient rap­pro­chés de l’eau, que le corps de lumière n’était plus très loin, il devint tout à coup éva­nes­cent, jusqu’à lais­ser place à la nuit quel­ques bat­te­ments plus tard, et d’étran­ges per­les phos­pho­res­cen­tes à terre, là où il s’était tenu avant de dis­pa­raî­tre. L’ermite, trou­blé par l’air étrange qu’il avait sem­blé voir se des­si­ner sur le visage de Romero au moment fati­di­que, n’y prêta pas trop atten­tion, se posa à terre, la tête levée en direc­tion de l’ouver­ture d’où l’arai­gnée devait appa­raî­tre.

La mage : « Nous y voilà ! »

La mage se mit dans une pos­ture de com­bat, sor­tit un bâton de sa man­che lon­gue, et fit face à une nuée de chau­ves-sou­ris qui sem­blè­rent être appa­rues de nulle part et cher­cher à attra­per les per­les. Elle réus­sit à repous­ser tou­tes cel­les qui s’appro­chaient de trop près, sous le regard admi­ra­tif de l’ermite qui avait détourné sa mire. Les autres pour­sui­vi­rent leur che­min vers un cou­loir sur le côté droit.

La mage : « C’est ce que vous devrez faire les jours pro­chains, pen­dant mon absence ! »

L’ermite : « Il fau­dra que vous m’expli­quiez aussi le pour­quoi du com­ment ! »

La mage : « Je suis cer­taine que vous pou­vez com­pren­dre par vous-même ! »

L’ermite : « Vous me sures­ti­mez peut-être ? Mais expli­quez-moi quand même, au cas-où ! Je ne vois pas la logi­que, la rai­son… »

La mage : « Ah ! La rai­son… Tout ceci néces­site de l’intui­tion… Du moins, d’être à l’écoute de cer­tains sens ! Gar­der cette grotte sacrée, être le témoin de la danse entre deux sor­tes de divi­ni­tés dis­tan­tes comme si elles étaient pro­ches, recom­men­cer cha­que cycle avec la même éphé­mé­rité tout en le vivant comme si c’était éter­nel… apprend beau­coup sur l’impor­tance de l’ins­tant, sur ce que l’on déroule pour se for­ger sans s’arrê­ter figé à l’inté­rieur de l’antre des regrets. Vous ver­rez ! »

L’ermite, les yeux levés vers l’arai­gnée qui était apparu et com­men­çait à des­cen­dre vers le cen­tre: « Oh, ça, je pense l’avoir déjà vu, mais peut-être pas suf­fi­sam­ment pour l’inté­grer, l’appli­quer… »

La mage : « Qu’avez-vous res­senti juste avant d’entrer ici ? »

L’ermite : « Une sen­sa­tion étrange. Joie et tris­tesse mêlées, mais sur­tout des efflu­ves d’un je ne sais quoi d’auguste à pro­té­ger de tout l’être. Un je ne sais quoi qui est peut-être l’essence du ciel, de la vie ? Plus impor­tant que les mots pour le nom­mer : le lien qui nous y relie ? Plus impor­tant que le dire : ce qu’il y a au-delà de son reflet, ce qui le fait naî­tre et mou­rir, comme un fil soudé ? »

La mage : « Cela ne devrait-il pas vous suf­fire ? »

L’ermite : « Pour l’action, oui, mais pour ma curio­sité… »

La mage com­mença son expli­ca­tion, pen­dant que l’arai­gnée aux yeux de crois­sants de lune entama le retis­sage de sa toile, en com­men­çant par le bas de la grotte, à l’opposé, après avoir bas­culé d’avant en arrière de sorte à pou­voir à se lâcher au-des­sus du rivage : « Bien, alors, euh, vous vous deman­diez pour les ris­ques. Lui, impos­si­ble qu’il soit cap­turé. Il n’y a que la magie pour l’attein­dre, et aucun mage, aussi téné­breux soit-il, n’y aurait inté­rêt, ne pour­rait s’en ser­vir à ses pro­pres fins, et même un mage vou­lant taire toute magie, ne le pour­rait. Tout au plus l’affai­blir un peu après avoir rejoint les désin­car­nés. Il ne craint rien…

Si notre astre de feu et la lune peu­vent pren­dre forme sans dis­pa­raî­tre du ciel, c’est tout sim­ple­ment que c’est un peu comme si c’était leur anima. Et par con­tre, elle, ses yeux vont jusqu’à reflé­ter comme on la voit dans le ciel, et elle pour­rait être tuée. Enfin, son corps. Son anima serait alors errante dans l’air jusqu’à la fin des temps, sans plus pou­voir sen­tir la pré­sence de l’autre, sans pou­voir se rac­cro­cher à une forme incar­née.

Elle tisse une toile de fils lunai­res pour qu’il puisse s’en vêtir, la sen­tir près de lui. Ce que vous aviez vu, était une forme de récolte. Encore que, nous ne som­mes pas cer­tain de ce fait. Par con­tre, nous savons qu’il n’y a que des fils frais d’une nuit qui peu­vent recueillir leurs sali­nes sacrées. Ils y pui­sent de quoi con­ti­nuer à se recréer dans un cycle voué à se répé­ter, une façon d’être maî­tre du des­tin tracé. Un peu comme l’arai­gnée pen­due qui fait bas­cu­ler ce qui la lie au ciel, d’un bord à l’autre. »

L’ermite : « Et pour les per­les phos­pho­res­cen­tes et les chau­ves-sou­ris ? »

La mage : « Je vous racon­te­rai ça une autre fois. Bien que vous devriez avoir com­pris ! Si non, l’impor­tant, juste à com­pren­dre que vous aurez à les écar­ter, en sui­vant votre ins­tinct ! Si vous vou­lez regar­der un peu encore le tis­sage, sen­tir le sens, je vous laisse, je vous attends dehors ! »

L’ermite : « Vous ne comp­tez pas la pro­té­ger ? Oh, la grotte est pro­té­gée ? C’est juste le soir et le matin, aux alen­tours du cré­pus­cule et de l’aube, qu’il y a ris­que ? »

La mage opina et laissa l’ermite médi­ter sur cet ouvrage recom­mencé cha­que jour.

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Voie d’être

Ins­piré par Les enne­mis jurés http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/05/les-enne­mis-jures/
et Com­mis­sion men­son­gère http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/05/com­mis­sion-men­son­gere/
(un peu aussi de l’esprit : Les pau­vres http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/05/les-pau­vres/
et La garde à vue http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/05/lagarde-a-vue/ )

Cha­que jour que le grand mys­tère incarné fait,
A tra­vers la danse des astres,
L’être qui ouvre les yeux s’en va dévoi­ler
L’ombre immo­bile de l’âtre.

A tra­vers la danse des astres,
La vérité du che­min de l’uni­vers se décou­vre
Telle une forme à mode­ler que la lumière couve
Au-delà des coins de l’igno­rance faste.

L’être qui ouvre les yeux s’en va dévoi­ler
L’essence de la pous­sière et du vide qui ne se démonte,
Des ato­mes que des ficel­les veu­lent entre­cho­quer,
Récu­pé­rer et façon­ner ce qui pré­juge et compte.

L’ombre immo­bile de l’âtre
Devient éva­nes­cente lors­que l’âme s’aven­ture,
Ouverte à la vie, che­vau­che au cœur du verbe mûr,
A l’essen­tiel du lien, fi des céras­tes.

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Sur le che­min

Ins­piré par : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/05/swim­ming-with-sharks/

Sur le che­min de la ronde, que tous tra­ver­sons,
Petits et grands, sim­ples et tyrans,
Il existe une val­lée de brai­ses, de gla­ces,
Et dans cette val­lée, un abîme sous un fin pont.
Un jour ou l’autre, vient le temps,
Quel­ques pas, et l’être y fait face :
Un tré­sor se dresse à l’hori­zon,
Une source d’argent ou d’éther, c’est selon.

Celui qui décide de ten­ter la tra­ver­sée,
Sans le res­pect du mys­tère, de l’alté­rité,
Affronte l’impré­vi­si­ble qu’il ne peut domp­ter,
Et s’il cher­che à le rai­son­ner à tout prix,
Et s’il ne prend garde, à se croire déjà dans la “Vérité”,
Prêt à ten­ter ou à créer le dan­ger,
Pen­sant qu’est ainsi pro­té­gée sa “Vie”
Ou que quelle que soit l’issue
Il y trou­vera une ouver­ture vers un para­dis,
Il ris­que bien plus que des lam­beaux
Dans le piège ainsi tendu,
A la mesure de l’illu­sion ou de l’aspi­ra­tion :

L’être peut en per­dre le che­min de la mai­son,
Effi­lo­cher son lien à la créa­tion,
Réa­li­ser l’inverse de son sou­hait de fond
Et / ou se noyer, qu’un temps ? , dans les crocs longs.

(Pour être cer­tain d’arri­ver au bout,
Une recette impa­ra­ble : met­tez-vous à l’écoute du grand tout,
Lais­sez-le venir à vous, et peut-être que : http://www.you­tube.com/watch?v=zkUT2GXC9hc )

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Ins­piré par :


http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/07/fai­tes-moi-la-grace/

Ô flamme du coeur, che­min et source du ciel,
telle l’épée for­gée dans les batailles,
le cours et le cou­rant, le vide et la rocaille,
pur­gés pour tou­cher et embras(s)er sub­stan­tiel,

Qu’au jour où les vagues du temps s’échouent
sur les rives de ton éter­nité,
le sort du mor­tel soit doux

Que l’ouver­ture de ton miroir sans reflet (*)
et sur ton âtre vigou­reux (*)
accueille et passe les rayons du radieux

Que sur la table, l’offrande con­som­mée
soit sur la voie de la der­nière pro­phé­tie
faite à un Nabucco assagi

Ô cœur de flamme, ombre et lumière du ciel,
vive dans la danse des astres la joie,
la paix même dans l’affron­te­ment tor­ren­tiel,
et que le malin s’avoue devant ta loi.

(* Per­sonne n’ignore qu’il y a deux entrées par où les opi­nions sont reçues dans l’âme,
qui sont ses deux prin­ci­pa­les puis­san­ces, l’enten­de­ment et la volonté.
- Blaise Pas­cal)

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L’éter­nel retour

Ins­piré par :


http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/2013/06/les-trois-pro­phe­ties/


« Il est un temps fis­si­ble,
Il est un temps invin­ci­ble »

Une créa­ture mar­che sur les sen­tiers froids et humi­des d’un cime­tière, sur une col­line. Dans le ciel, un océan de nuit peu­plé d’une myriade de fleurs de feu. En bas, le vil­lage de son enfance. Au som­met, un indi­ci­ble brouillard dis­si­mu­lant mal une tour.
 
Dans le cime­tière, à cha­que croi­sée, elle, il tombe sur des ombres qui s’agi­tent tout autour de lui, sem­blant prê­tes à vou­loir le dévo­rer. Les pre­miè­res fois, il subit la peur qu’elles lui ins­pi­rent, sans cher­cher à se défen­dre, con­tour­nant fina­le­ment par un che­min de tra­verse. Mais au bout d’un moment, à force de détours, il finit par se retrou­ver à son point de départ. Sou­hai­tant pour­sui­vre son che­min, il se décide à en affron­ter… pour ne rien faire, si ce n’est accep­ter le sort qu’elles lui réser­vent.

Leur fai­sant face, immo­bile, après un assaut d’ombres qui se com­por­tent tel­les celle d’un feu cher­chant à ren­trer dans les flam­mes, elles se trans­for­ment en pierre de néant, col­lées sur son dos. Se sen­tant plus léger, bien que plus lourd à l’exté­rieur, il con­ti­nue alors, croi­sées après croi­sées, jusqu’à la sor­tie. Il se retrouve prêt à faire quel­ques bonds de géant, avec une bosse sur le dos.

Plus loin, en mon­tant, il se retrouve face à une fosse rem­plie d’une eau lumi­neuse. Sûr de lui, il s’y pen­che, y plonge ses jam­bes, et finit par se rou­ler dedans, de sorte qu’une fois sor­tie, à l’air obs­cure, il se retrouve avec une bosse fluo­res­cente, ayant dou­blée de volume.

Les pre­miers pas sui­vant, la créa­ture a une impres­sion d’eupho­rie. Sou­dain, un orage gronde, et quel­ques gout­tes de pluie devien­nent, à ses sens, tem­pête. Au point qu’avant le som­met, elle, il finisse à genoux, mains à terre, à bout de souf­fle. Il reste ainsi quel­ques temps, puis s’allonge sur le dos.

« Il est un temps fria­ble,
Il est un temps bâtis­sa­ble »

Une créa­ture se repose sur les sen­tiers abys­saux et mon­ta­gneux d’un cime­tière inté­rieur. Dans le ciel, tou­jours un océan de nuit peu­plé d’une myriade de fleurs de feu. En bas, le vil­lage peu­plé de ses fan­tô­mes. Au som­met, un pic qui se dresse fiè­re­ment, aux por­tes de l’essence ciel.

Dans le cime­tière, pen­dant que sa bosse se dis­sout, l’indi­ci­ble sem­ble vou­loir l’enve­lop­per. Pour le bien, pour le mal, elle, il ne sau­rait dire, tel­le­ment ses sens sont trou­blés. A mesure qu’il se laisse faire, ses pau­piè­res se font lour­des, et une autre étrange créa­ture, un dra­gon, appa­raît un peu plus loin. Il finit par rugir, rou­vrir les yeux, se remet­tre debout, cou­rir dans sa direc­tion, prêt à l’affron­ter. Mais un peu avant le choc, il change d’avis, puise au fond, tout au fond, et la créa­ture s’éva­nouit, et lui se retrouve allongé sur le dos, non loin du som­met de la col­line.

« Il est un temps de mort,
Il est un temps de renais­sance »

Une créa­ture s’appro­che d’une tour, entou­rée d’un brouillard en train de s’éva­po­rer. Dans le ciel, tou­jours un océan de nuit peu­plé d’une myriade de fleurs de feu. En bas, un autre temps. Non loin, un puits sans fond menant à…

A la sor­tie des sen­tiers per­dus, une créa­ture se dirige vers une porte. Elle, il se met à jouer, le coeur léger, prêt d’autres créa­tu­res bien­veillan­tes. Il ouvre alors la porte, se dirige vers le puits, et fait le voyage sans retour immé­diat, vers un nou­veau corps, la dimen­sion de l’incarné, sur la pla­nète terre.


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Si vous vou­lez décou­vrir d’autres créa­tions de “Per­sonne”, de l’actrice-artiste qui est aussi rédac­trice-plume-scé­na­riste, cf son site : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/

et sa nou­velle for­mule : http://www.lejour­nal­de­per­sonne.com/page-a-gui­chet-ouvert/

Bon été !


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